Le Courtier Horticole est à vendre

Type de projet : Info lettre de Rock Giguère

LES TOMATES «BLEUES» de la série Indigo

La tomate Indigo™ Rose, la première tomate réellement pourpre issue d’un programme d’hybridation de l’Oregon State University, a été le point de départ d’une lignée de cultivars regroupés sous une série appelée Indigo™. Le but du programme était d’obtenir des tomates avec de hauts taux d’anthocyanes, des pigments naturels provenant de source végétale aux propriétés antioxydantes, qui ont rendu le bleuet si populaire auprès des consommateurs. Le Dr. Jim Meyers, le directeur du programme, a effectué la pollinisation à la main, avec beaucoup de patience, des tomates d’antan à la peau foncé avec des sélections indigènes du Chili et des îles Galapagos. Le résultat, fut une forme éblouissante et délicieuse de 5 cm (2 po) de diamètre, combinant une pelure moyennement pourpre avec une chair rose rouge.

tomate bleue

La tomate Indigo™ Rose (Solanum lycopersicum Indigo™ Rose)

Tomate bleue

La tomate Indigo™ Rose (Solanum lycopersicum Indigo™ Rose) : en train de mûrir.

D’autres bleus

Pendant que la tomate ‘Indigo Rose’ était en train de gagner le coeur des jardiniers à travers le pays, un hybrideur du nom de Peter Mes travaillait ardemment à hybrider toute une lignée de nouvelles tomates bleues. Peter et Ruth Mes, les proprietaires de P & R Seeds, une compagnie familiale, avait vu l’intérêt de développer des tomates «indigo» pour favoriser et stimuler la santé des humains. Peter utilise les techniques traditionnelles de l’hybridation pour apporter la pigmentation indigo et une bonne teneur en anthocyanines, en croisant des tomates pourpres sauvages à des sélections supérieures pour obtenir des tomates plus vigoureuses et goûteuses. Peter a été un étudiant du docteur Jim Myers de l’Oregon State University.

La nouvelle progéniture à la peau bleue du couple Mes est aussi saine et en bonne santé que la sélection d’origine, remplie d’anthocyanines et un hôte de d’autres phytonutriments, des substances dérivées des plantes ayant une valeur nutritionnelle. La plupart de ces tomates poussent sur un plant de 1 à 1,5 m (3 à 5 pi) de hauteur nécessitant une cage solide ou un treillis pour grimper. Les sélections aux ports indéterminés qui ont été obtenues sont très vigoureuses. La famille «Indigo» inclut maintenant les cultivars suivants dans cette catégorie de tomate :

‘Indigo Apple’
‘Indigo Blue Beauty’
‘Indigo Rose’

tomate indigo

La tomate Indigo™ Rose (Solanum lycopersicum Indigo™ Rose) : tomates mûres

Comme la tomate ne devient jamais rouge, il peut être difficile d’établir quand la tomate est vraiment mûre. Le secret ? Quand la peau passe du bleu noir brillant au pourpre brun mat, son goût incroyable devient à son meilleur.

Des tomates cerises bleues

Ceux qui préfèrent de plus petites tomates seront bien servis avec les cultivars suivants :

‘Indigo Blue Berries’
‘Indigo Fireball’
‘Indigo Kumquat’
‘Indigo Ruby’
‘Indigo Starburst’
‘Indigo Sun’

tomates cerises bleues

La tomate Indigo™ Fireball (Solanum lycopersicum Indigo™ Fireball)

tomate cerise indigoLa tomate cerise Indigo™ Kumquat (Solanum lycopersicum Indigo™ Kumquat) en train de mûrir.

Tomate cerise indigoLa tomate cerise Indigo™ Kumquat (Solanum lycopersicum Indigo™ Kumquat)

tomate ceriseLa tomate cerise Indigo™ Kumquat (Solanum lycopersicum Indigo™ Kumquat)

tomate bleueLa tomate Indigo™ Ruby (Solanum lycopersicum Indigo™ Ruby) en train de mûrir.

tomate indigoLa tomate Indigo™ Ruby (Solanum lycopersicum Indigo™ Ruby)

tomate noireLa tomate Indigo™ Ruby (Solanum lycopersicum Indigo™ Ruby)

tomate noireLa tomate Indigo™ Ruby (Solanum lycopersicum Indigo™ Ruby)

Au plaisir !!!!!!

Rock Giguère
2015-03-09

UN ARBRE VEDETTE – Bouleau noir

UN ARBRE VEDETTE

Betula nigra ‘Shiloh Splash’ PP16362
Le bouleau noir ‘Shiloh Splash’

Si on aime la beauté et la rareté on devrait opter pour le bouleau noir à feuillage panaché ‘Shiloh Splash’.

Cet arbre feuillu est aussi un bon choix pour ceux qui désirent un arbre de petite taille. Les érables de Norvège et les épinettes du Colorado ne sont plus à la mode sur nos terrains de poche.
Il présente une forte résistance aux maladies et à la pollution urbaine.

Betula nigra ‘Shiloh Splash’

L’écorce brunâtre de cet arbre au feuillage caduc s’exfolie et est fort décorative, même en hiver. Ses petites feuilles vertes, marginées de blanc ivoire, deviennent jaunes à l’automne. Les feuilles qui viennent d’émerger présentent une teinte rosâtre. Ce bouleau est un sujet parfait pour tous les jardins : une forme pyramidale à ovale, un feuillage décoratif, une tolérance au soleil et à la mi-ombre, une rusticité jusqu’en zone 3 et enfin un arbre facile de culture autant dans les sols humides que bien drainés. ‘Shiloh Splash’ peut atteindre 6 à 9 m (20 à 30 pi) de hauteur et 3 à 4,5 m (10 à 15 pi) de la largeur. Son taux de croissance est moyen.

Betula nigra ‘Shiloh Splash’

Un arbre encore trop peu connu des jardiniers qui fut repéré par John Allen de Shiloh Nursery en Caroline du Nord.

Voici le spécimen que je cultive chez-moi depuis quatre ans. Je le laisse aller un peu comme un arbuste. C’est un choix. J’en suis entièrement satisfait. J’ai eu cet arbre grâce à mon ami Robert Mineau du Jardin botanique de Montréal. Il était tout petit quand je l’ai planté chez-moi. Il n’a jamais souffert du froid et s’est développé lentement, ce que je voulais.

bouleau noir

Au plaisir !!!!!!

Rock Giguère
2015-

LE CONCOMBRE ‘Salt and Pepper’

Ce concombre m’avait impressionné en 2014 au Domaine Joly De-Lotbinière par sa couleur inhabituelle. Aussi, je l’avais identifié, avec Marie-Pier Lemieux, ma patronne chez Passion Jardins®, comme une plante potagère à découvrir pour 2015. Cependant, je n’avais pas complètement apprivoisé sa culture et son goût. Au printemps 2015, il faisait partie de mes essais.

La germination fut assez rapide et il présenta une bonne croissance. Une carence apparut sur les feuilles après un mois de culture mais elle fut rétablie par une bonne fertilisation.

Concombre

Domaine Joly-De Lotbinière, photo prise le 4 août 2014.

J’ai vendu trois de mes cinq plants. J’ai placé l’un de mes deux essais dans un «smart pot» en le faisant grimper sur un tuteur à tomates (à suivre). J’ai laissé l’autre dans son pot de 12,5 cm (5 po), car je ne savais pas trop quoi faire avec. Les deux plants ont produit beaucoup de petits concombres. Mais voilà que celui en pot a produit un concombre de 6,5 cm (2½ po) de longueur.

Je vous le présente … en rondelles. Tous les goûteurs ont été unanimes. Un des meilleurs concombres qu’ils avaient mangé … si ce n’était pas le meilleur.

Concombre

Photo de Geneviève Giguère, Les Fleurs de l’île, prise le 1 juin 2015.

Cucumis sativus ‘Salt and Pepper’
Le concombre ‘Salt and Pepper’

Cette sélection hybridée par Jason Cavatorta et Molly Jahn de l’université Cornel donne un concombre à la peau blanc jaune et aux épines noires, une couleur assez originale, ce qu’évoque d’ailleurs le nom du cultivar. Elle proviendrait du cultivar ‘India’. Le concombre peut être récolté lorsqu’il atteint 8 à 10 cm (2 à 4 po) de longueur. Le temps de maturité est d’environ 50 jours. Le plant peut atteindre 15 à 25 cm (6 à 10 po) de hauteur et 1 à 1,5 m (36 à 60 po) de hauteur ou d’étalement. Il est résistant au mildiou poudreux.

concombre

En culture l’année passée au Domaine Joly De-Lotbinière (photo prise le 4 août 2014).

Au plaisir !!!!!! Enjoy !!!!!!!!

Rock Giguère
2015-06-04

LA CULTURE DE LA TOMATE au Cameroun

Date : 8 janvier 2015

Un camerounais consomment environ 42 kg de tomates par année. C’est donc un légume-fruit important dans l’agriculture camerounaise. La région de l’Ouest où je travaille fournit environ 40 % de la récolte de tomates du Cameroun.

La tomate peut se cultiver toute l’année au Cameroun : une situation que tous les agriculteurs québécois envierait. C’est la gestion post-récolte qui est plus compliquée, car la tomate est un produit qui est difficile à conserver frais après la récolte, surtout en pays tropical. Elle est difficile à transporter et pourrit en quelques jours. Au marché, il faut donc la vendre rapidement, comme ici à Bangangté.

tomate

Le prix dans les marchés fluctuent même si la récolte est abondante aux champs. L’état lamentable des routes ont fait grimper les prix en février 2013.

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La saison sèche est idéale pour cultiver la tomate car les champignons qui attaquent cette plante sont beaucoup moins actifs qu’en saison pluvieuse où le recours de traitements phytosanitaires nécessite plus de moyens financiers, ce qui fait encore monter le prix du produit.

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La production de la tomate exige l’achat de semence, de fertilisants et de produits sanitaires surtout en saison des pluies. Elle demande aussi beaucoup de travail. Cependant, la production de tomates serait plus rentable que beaucoup d’autres légumes ou fruits, car elle ne nécessite pas de grands espaces et on peut la cultiver en saison sèche avec une bonne irrigation.

Au Cameroun comme ailleurs, on tente de diminuer l’usage de pesticides pour réduire leurs résidus dans le produit final. Des formations sont données aux producteurs sur la lutte intégrée, la bonne gestion des pesticides et les techniques de production. On cherche une amélioration quantitative mais aussi qualitative de cette production maraîchère. Les tomates dites biologiques semblent être en demande croissante.

L’augmentation de la demande urbaine, comme à Douala et à Yaoundé, ainsi que le développement d’échanges avec les pays limitrophes, a permis une augmentation de la production de fruits et de légumes dans certaines régions du Cameroun. Depuis les années 1970, la principale zone de production est la région de Foumbot. Dans cette région, 20% des producteurs fournissent 80% de la production nationale de tomates fraîches.

tomate_4En augmentant la vente des tomates, on a aussi permis le développement d’un marché pour les petites corbeilles qui servent à récolter et à transporter les tomates. Le transport des produits est un élément important au niveau commercial et la venue des cageots tressés a amélioré la qualité et la facilité du transport. Ces cageots en feuille de raphia contiennent environ 15 kg de tomates. Sur la photo ci-dessus on voit un tresseur de cageots et ci-dessous sa production au moment où je l’ai rencontré en février 2013.

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La brousse me manque à ces temps-ci.

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Au plaisir !!!!!!

Rock Giguère
2015-01-08

Des beautés indéniables : les primevères auricules

Infolettre 20150101

Bonjour à tous,

J’ai vu mes premières primevères dites auricula au Jardin botanique de Montréal, plus précisément à l’Alpinum. Mon ami Gaston Hould, de Saint-Basile-le-Grand, possédait aussi deux ou trois belles talles dans son jardin alpin situé dans un coin ombragé à l’arrière de sa maison. Mon ami Gaétan Chabot, un jardinier courageux cultivant à 500 m d’altitude dans les Appalaches, m’a aussi ébahi avec quelques floraisons doubles de ces beautés d’origine alpine. Mais c’est lorsque j’ai vu les coloris éblouissants et variés de la floraison de ces primevères à Matane que j’ai vraiment constaté que leur culture était non seulement possible au Québec, mais pouvait y donner des performance surprenantes et les teintes merveilleuses que je voyais dans les livres anglais.

Primula auricula hybride

Primula auricula hybride, jardin de Gaston Hould à Saint-Basile-le-Grand, 2008-06-01

Joyaux des jardins victoriens, ces plantes font tranquillement un retour au jardin en Angleterre, aux États-Unis et en Allemagne. Ce n’est pas l’hybridation récente qui provoque ce nouvel engouement, mais plutôt le retour de certaines sélections fort spectaculaires. Aujourd’hui, la culture in vitro permet aussi de produire les quantités requises pour leur commercialisation.

Primula auricula
La primevère auricule

La primevère auricule, aussi appelée oreille d’ours et auricule, est une primevère montagnarde originaire des Alpes, du Jura, des Vosges et des Tatras. Pour s’adapter à l’altitude, cette plante a développé des feuilles coriaces et épaisses en rosette, un peu à la manière des plantes grasses. Ses feuilles vert bleuté et duveteuses sont formées d’une pulpe aqueuse, qui constitue un réservoir d’eau permettant à la plante de bien résister à la sécheresse. L’espèce type produit des fleurs jaunes. Une exposition plutôt ombragée lui convient mieux cependant qu’un endroit qui reçoit le fort ensoleillement de l’après-midi. On cultive la primevère auricule dans un sol frais, mais bien drainé. L’espèce est très rustique.

Primula auricula

Primula auricula acquise sous le nom de Primula auricula subsp. bauhini un synonyme aujourd’hui de Primula auricula, jardin de Mildred à Matane, 2014-06-10.

 

Les premiers pas

Les premières primevères auricules qui furent cultivées étaient des plantes conçues pour les parterres (Border) et c’est à partir de ces primevères auricules que toutes les sélections actuelles sont issues. Les primevères auricules de parterre n’avaient pas à être conformes aux normes des collectionneurs, comme ce fut le cas lorsque cette plante devint une plante de luxe et de richesse pour ces derniers. Lors de ces temps de gloire en fleuristerie, elles furent sélectionnées selon des conditions de perfection requises pour leur structure et leur coloration, plutôt que selon

les critères d’antan comme leur capacité à s’adapter aux jardins extérieurs, l’éclat de leur beauté, la production de plusieurs hampes florales ou pour la douceur de leur parfum.

Malheureusement, avec les années, un certain nombre de cultivars qui ne rejoignaient pas le standard d’une fleur de collection ou d’exposition, furent placés dans la catégorie des auricules de bordure. C’est pourquoi, même si plusieurs sélections des fleuristes font partie des collections nationales en Angleterre, elles ne sont pas présentées par les marchands spécialisés dans la vente des primevères auricules qui préfèrent n’offrir que celles qui performent bien à l’extérieur, selon leur expertise.

La dénomination botanique auricula

Les hybrides qui sont identifiées aujourd’hui comme appartenant à l’espèce auricula proviennent en fait de diverses espèces du genre Primula. On pense d’ailleurs que plusieurs dérivent d’un hybride naturel, le primevère pubescent (Primula pubescens Loisel. 1806), un croisement entre Primula auricula et Primula rubra Honck. 1782 une primevère à fleurs rouges ou pourpres.

Leurs ancêtres étant communs, la ligne séparant les primevères auricules de parterre et les sélections de primevères pubescents (P. x pubescens) obtenues après de nombreuses hybridations est souvent remise en question. Les primevères de type pubescent avec leurs plus petites fleurs sur des plants de plus petite taille sont mieux adaptées à la culture dans les jardins de crevasses. C’est pourquoi certains catalogues les identifient pour guider les acheteurs vers ces plants qui conviennent mieux aux conditions de jardinage.

Primula pubescens

Primula pubescens Exhibition Blue™ ‘Exhibition Blau’, jardin de Mildred à Matane, 2014-06-10.

 

La sélection Exhibition Blue™ ‘Exhibition Blau’ forme une rosette de feuilles épaisses et cireuses. Elle produit des grappes de fleurs parfumées aux teintes de bleu et de violet. Le coeur de la fleur est blanc crème. Le plant peut atteindre 15 à 20 cm de hauteur et de largeur. Cette plante tolère le plein soleil dans les régions fraîches comme à Matane. La série Exhibition, provenant du grainetier allemand Jelitto Perennial Seeds, a été introduite en 1997. Ce primevère est facile de culture.

La classification des primevères auricules

Afin de s’y retrouver parmi la panoplie d’hybrides auricula développés depuis plus de 350 ans, une classification a été élaborée par la société anglaise The National Auricula and Primula Society. Le tableau qui suit identifie les types de primevères auricules établis par cette société, mais il a été surtout conçu pour aider à choisir le bon cultivar et éviter certaines erreurs qui peuvent décourager certains jardiniers au niveau de leur culture dans nos jardins. Les sélections recommandées et illustrées ont toutes faites leur preuve au Québec.

1. Les auricules alpines aussi appelées concordes ou ombrées : pas de farine sur les fleurs et les feuilles, coeur doré, jaune, blanc ou crème, une partie foncée ou dégradée sur les pétales. Ces primevères conviennent parfaitement pour la culture à l’extérieur dans nos jardins, car ce sont ces hybrides qui se rapprochent le plus des formes indigènes du Primula auricula. Quelques sélections : ‘Argus’, ‘Andrea Julie’, ‘Indian Love Call’

2. Les auricules de parterre : fleurs très parfumées, parfois de la farine sur les fleurs et les feuilles. Ces primevères se cultivent aussi bien au jardin qu’en pot. Ces plantes robustes ont été hybridées pour donner une bonne performance à l’extérieur. Les fleurs de ce groupe sont généralement plus grosses que celles des autres types, moins délicates et leurs pétales ne présentent pas de nuance. Le feuillage de certaines est quelque peu farineux. La plupart donnent des fleurs parfumées. Une sélection : ‘Purple Velvet’.

3. Les auricules à fleurs doubles : fleurs doubles, avec ou sans farine. Le centre de la fleur n’est pas visible : les pétales doivent le couvrir. Malgré leur apparence plus raffinée, ces auricules sont des plantes faciles de culture pour les débutants autant au jardin qu’en contenant. Ces joyaux floraux commencent à être redécouverts par les jardiniers. Des sélections : ‘Arctic Fox’, ‘Brownie’, ‘Emily P’, ‘Forest Sunburst’, ‘Fred Booley’, ‘Shalford’, ‘Susannah’, ‘Sword’.

4. Les auricules d’exposition ou de collection : les lisérées (Edged), les bizarres (Fancies), les rayées (Stripes), les pures (Selfs) : en général, ces primevères sont plus difficiles de culture en pleine terre. Certaines se sont bien adaptées à nos jardins québécois.

– Les lisérées (Edged) : les pétales prennent l’aspect de feuilles, les liserés peuvent être verts, gris ou blancs. Ces primevères sont la crème des hybrides d’auricules que nous pouvons cultiver. On distingue les liserés verts et les liserés gris qui sont habituellement farinés. Ces formes présentent un centre blanc. Le corps de la fleur est noirâtre. Des sélections : ‘Serenity’, ‘Silver Ways’.

– Les bizarres (Fancies) aussi connues comme spéciales ou hors du commun : comme ces hybrides ne sont pas conformes à aucune catégorie on les regroupe sous cette catégorie. Quelques sélections : ‘2nd Vic’, ‘Bizarre’, ‘Hinton Fields’, ‘Parakeet’, ‘Star Wars’.

– Les rayées (Stripes) aussi appelées panachées: les pétales sont rayées en bordure. Habituellement ce sont des plants vigoureux à la floraison prolifique. Des sélections : ‘Arundel Stripe’, ‘Orwell Tiger’, ‘Pinstripe’.

– Les pures (Selfs) : un cercle farineux au centre, toutes les couleurs sont permises, les pétales présentent une couleur uniforme. Ces hybrides préfèrent généralement être cultivés en pot, à l’abri. Des sélections : ‘Brazil’, ‘Everest Blue’.

NOTE : Les sélections recommandées ne sont là que pour guider le jardinier qui veut éviter des erreurs. D’autres hybrides sont actuellement en essai au Québec et devraient être aussi méritoires.

1. Les auricules alpines aussi appelées concordes ou ombrées : pas de farine sur les fleurs et les feuilles, coeur doré, jaune, blanc ou crème, une partie foncée ou dégradée sur les pétales. Ces primevères conviennent parfaitement pour la culture à l’extérieur dans nos jardins, car ce sont ces hybrides qui se rapprochent le plus des formes indigènes du Primula auricula.

Primula auricula ’Andrea Julie’

Primula auricula ’Andrea Julie’ (Derek Telford, Royaume-Uni) auricule alpine à coeur doré, dans le jardin de Mildred à Matane, 2014-06-10.

Primula auricula Indian Love Call

Primula auricula ‘Indian Love Call’ (Derek Telford, 1990), auricule alpine à coeur doré, dans le jardin de Mildred à Matane, 2014-06-10

Primula auricula

Primula auricula ‘Argus’, (J.J. Keen, Royaume-Uni, 1889), auricule alpine à coeur blanc, dans le jardin de Gaston Hould à Saint-Basile-le-Grand, 2008-06-01

 

2. Les auricules de parterre : fleurs très parfumées, parfois de la farine sur les fleurs et les feuilles. Ces primevères se cultivent aussi bien au jardin qu’en pot. Ces plantes robustes ont été hybridées pour donner une bonne performance à l’extérieur. Les fleurs de ce groupe sont généralement plus grosses que celles des autres types, moins délicates et leurs pétales ne présentent pas de nuance. Le feuillage de certaines est quelque peu farineux. La plupart donnent des fleurs parfumées. Une sélection : ‘Purple Velvet’.

Primula auricula Purple Velvet

Primula auricula ‘Purple Velvet’ auricule de parterre, jardin de Manu à Matane, 2011-06-07.

 

3. Les auricules à fleurs doubles : fleurs doubles, avec ou sans farine. Le centre de la fleur n’est pas visible : les pétales doivent le couvrir. Malgré leur apparence plus raffinée, ces auricules sont des plantes faciles de culture pour les débutants autant au jardin qu’en contenant. Ces joyaux floraux commencent à être redécouverts par les jardiniers. Des sélections : ‘Arctic Fox’, ‘Brownie’, ‘Emily P’, ‘Forest Sunburst’, ‘Fred Booley’, ‘Shalford’, ‘Susannah’, ‘Sword’.

Primula auricula ’Susannah’

Primula auricula ’Susannah’ (Allan Hawkes, circa 1960), jardin de Manu à Matane, 2014-06-10.

Primula auricula

Primula auricula ’Shalford’ (W. Hecker, 1965) auricule à fleurs doubles, jardin de Mildred à Matane, 2014-06-10.

 

Primula auricula

Primula auricula ‘Emily P’ (Dan Peterson), auricule à fleurs doubles, jardin de Mildred à Matane, 2009-06-11.

Primula auricula

Primula auricula ’Brownie’ (Tim Coop, Royaume-Uni, 1992) auricule à fleurs doubles, jardin de Mildred à Matane, 2009-06-11.

Primula auricula Arctic Fox

Primula auricula ’Arctic Fox’ (Linda Tinnity et Jim Fox) auricule à fleurs doubles, jardin de Rock Giguère à Sainte-Aurélie, 2012-06-06.

Primula auricula Forest Sunburst

Primula auricula ’Forest Sunburst’ (Richard Austin) auricule à fleurs doubles, jardin de Manu à Matane, 2014-06-10.

Primula auricula Forest Twilight

Primula auricula ‘Forest Twilight’ (Richard Austin) auricule à fleurs doubles, jardin de Manu à Matane, 2014-06-09.

Primula auricula Sword

Primula auricula ’Sword’ (Derek Salt, ’Fleminghouse’ x ’Prague’) auricule à fleurs doubles, jardin de Manu à Matane, 2014-06-10

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Primula auricula Fred Booley

Primula auricula ’Fred Booley’ (Derek Salt, Royaume-Uni, 1999, ’Quatro’ x ’Sarah Lodge’) auricule à fleurs doubles, jardin de Gaétan et Monique à Sainte Sabine, 2010-06-02.

Primula auricula Fred Booley

Primula auricula ’Fred Booley’ (Derek Salt, Royaume-Uni, 1999, ’Quatro’ x ’Sarah Lodge’) auricule à fleurs doubles, jardin de Gaétan et Monique à Sainte Sabine, 2009-06-23.

4. a) Les auricules d’exposition ou de collection Les lisérés (Edged) : les pétales prennent l’aspect de feuilles, les liserés peuvent être verts, gris ou blancs. Ces primevères sont la crème des hybrides d’auricules que nous pouvons cultiver. On distingue les liserés verts et les liserés gris qui sont habituellement farinés. Ces formes présentent un centre blanc. Le corps de la fleur est noirâtre. Des sélections : ‘Serenity’, ‘Silver Ways’.

Primula auricula 'Serenity' auricule d'exposition ou de collection Les lisérés à lisérée vert, jardin de Mildred à Matane, 2014-06-10.

Primula auricula ‘Serenity’ auricule d’exposition ou de collection Les lisérés à lisérée vert, jardin de Mildred à Matane, 2014-06-10.

Primula auricula Silver Ways

Primula auricula ‘Silver Ways’, jardin de Mildred à Matane, 2013-06-11.

4. b) Les auricules d’exposition ou de collection les bizarres (Fancies) aussi connues comme spéciales ou hors du commun : comme ces hybrides ne sont pas conformes à aucune catégorie on les regroupe sous cette catégorie. Quelques sélections : ‘2nd Vic’, ‘Bizarre’, ‘Hinton Fields’, ‘Parakeet’, ‘Star Wars’.

 

Primula auricula Hinton Fields

Primula auricula ‘Hinton Fields’ (A. J. Martin, c. 1967) auricule d’exposition ou de collection les bizarres, jardin alpin de Manu à Matane, 2014-06-10.

Primula auricula Parakeet

Primula auricula ‘Parakeet’ auricule d’exposition ou de collection les bizarres, jardin de Mildred à Matane, 2013-06-11.

Primula auricula Bizarre

Primula auricula ‘Bizarre’ auricule d’exposition ou de collection les bizarres, jardin de Mildred à Matane, 2014-06-10.

Primula auricula 2nd Vic

Primula auricula ’2nd Vic’ auricule d’exposition ou de collection les bizarres, jardin de Mildred, 2014-06-10.

Primula auricula Star Wars

Primula auricula ‘Star Wars’ (Tim Coop) auricule d’exposition ou de collection les bizarres, jardin de Manu à Matane, 2011-06-08.

Les primevère auricules : des plantes vénérées

Les primevères d’exposition ou de collection les bizarres nous rappellent que ces plantes ont été vénérées par les herboristes, par les fleuristes, par les botanistes, par les peintres, par les classes aisées, par les duchesses, par les rois, par plusieurs gens curieux, enfin par une panoplie d’amateurs passionnés depuis le 15e siècle.

Plusieurs collectionneurs furent épris des primevères auricules au 16e siècle. C’est cependant au 17e siècle, lorsque les nouvelles formes fort colorées de la primevère auricule sauvage se mirent à avoir du succès, qu’on lui voua un véritable culte, qui peut se comparer à la «tulipomanie». À ce moment, les fleuristes amélioraient sans cesse l’espèce type. Les premières sociétés de fleuristes furent formées à partir de 1630. À cet époque, l’horticulture était la distraction la plus généralement adoptée. Souvent, les fleurs qui présentaient une certaine bizarrerie obtenaient la préférence des plus passionnés. Il faut rappeler que les nouvelles formes étaient obtenues par semis.

La National Auricula and Primula Society fut fondée en 1873 en Angleterre. Une société visant les mêmes intérêts fut créée en 1941 aux États-Unis.

Comme on le voit, les primevères d’exposition ou de collection d’aujourd’hui sont le résultat d’une longue histoire. Elles ont fait l’objet de caractères jugés indispensables pour devenir des primevères auricules de toute beauté : une hampe florale forte, une large ombelle, une grande corolle, une gorge ronde et bien développée et surtout des couleurs vives. Les corolles se nuancent de toutes les couleurs aujourd’hui pour notre plus grand plaisir.

4. c) Les auricules d’exposition ou de collection les rayées (Stripes) aussi appelées panachées: les pétales sont rayées en bordure. Habituellement ce sont des plants vigoureux à la floraison prolifique. Des sélections : ‘Arundel Stripe’, ‘Orwell Tiger’, ‘Pinstripe’.

Primula auricula ‘Arundel Stripe’
La primevère auricule ‘Arundel Stripe’

La primevère auricule ‘Arundel Stripe’, aussi appelée ‘Arundel’, produit des ombelles de fleurs marron rayés de rouge et de blanc gris au printemps. Ses fleurs, très originales, arborent un cœur jaunâtre, auréolé de blanc. Le dessin des fleurs de cette primevère de collection étonne et passionne tous les jardiniers qui la voient en floraison pour la première fois. Ses fleurs dégagent un parfum épicé très agréable. Le plant forme une rosette de feuilles gris vert pâle pouvant mesurer 10 à 15 cm de hauteur et 25 cm d’étalement.

Cette primevère est la création de l’hybrideur Ray Downard suite à un croisement réalisé en 1986 entre le cultivar ‘Rajah’ et une primevère auricule obtenue par semis.

Primula auricula Arundel Stripe

Primula auricula ‘Arundel Stripe’, (Ray Downard, Royaume-Uni, 1986), jardin de Manu à Matane,
2009-6-11.

 

Les primevères auricules à rayures, aussi appelées primevères tigrées, ont été populaires jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. À partir de cette période, la demande pour cette forme de fleurs déclina. Allen Hawkes et Derek Parsons, deux hybrideurs anglais, ont fortement contribué à ramener à la mode ces fleurs originales.

Primula auricula Pinstripe

Primula auricula ’Pinstripe’ auricule d’exposition ou de collection les rayées, jardin de Manu à Matane,
2013-06-11.

Primula auricula Orwell Tiger

Primula auricula ’Orwell Tiger’ (Allan Hawkes, Royaume-Uni, 1994) auricule d’exposition
ou de collection les rayées, jardin de Mildred à Matane, 2009-06-11.

4. d) Les auricules d’exposition ou de collection les pures (Selfs) : un cercle farineux au centre, toutes les couleurs sont permises, les pétales présentent une couleur uniforme. Ces hybrides préfèrent généralement être cultivés en pot, à l’abri. Des sélections : ‘Brazil’, ‘Everest Blue’.

Primula auricula Brazil

Primula auricula ‘Brazil’ (Derek Telford) auricule d’exposition ou de collection les pures, jardin de Mildred à Matane, 2014-06-10.

Primula auricula Everest Blue

Primula auricula ’Everest Blue’ (Harald D. Hall, 1959) auricules d’exposition ou de collection les pures,
jardin de Manu, 2014-06-10.

 

Les primevères auricules, des beautés florales printanières à intégrer à nos jardins.

Nom du cultivar inconnu, jardin de Manu à Matane, 2011-06-07.

Nom du cultivar inconnu, jardin de Manu à Matane, 2011-06-07.

 

Rock Giguère
2015-01-02

HERBORISATION à Tourelle en Gaspésie

HERBORISATION à Tourelle en Gaspésie – Partie 1

Infolettre 20141216

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je vais vous transporter en Gaspésie dans un endroit magnifique que je connais depuis 2010, soit sur le bord du fleuve Saint-Laurent, à Tourelle (Saint-Anne-des-Monts). D’abord, je vous présente un rocher spectaculaire appelé la Petite Tourelle, à cause de sa forme qui rappelle une tourelle de donjon. On peut observer plusieurs de ces formations à l’archipel des îles Mingan, la plus grande concentration de monolithes d’érosion au Canada. Le monolithe d’érosion solitaire la Petite Tourelle est une forme résiduelle que l’on trouve au voisinage des côtes calcaires.

herborisation Tourelle Gaspesie 94

Malheureusement, un pilier plus imposant, le rocher de la Grande Tourelle s’est effondré en 1982.

 

La falaise assez abrupte regorge de plantes alpines qui garnissent des coussins de matières organiques disséminées le long de la paroi rocheuse. Les plantes de bord de mer s’ancrent dans les interstices ou dans les galets grossiers pour résister aux marées. Tout ce monde botanique gagne difficilement sa place et sa nourriture.herborisation Tourelle Gaspesie

Saxifragacespitosa L. 1753
La saxifrage cespiteuse, la saxifrage gazonnante
Tufted saxifrage, tufted alpine saxifrage

Dans une partie de la falaise, la saxifrage cespiteuse formait de belles colonies.

Saxifraga cespitosa

Saxifraga cespitosa

La saxifrage cespiteuse est une plante herbacée vivace qui vit dans les régions nordiques et les zones montagneuses de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de la Sibérie. Cette saxifrage peut atteindre 5 à 30 cm (2 à 12 po) de hauteur. Les feuilles, vert clair, forment une rosette basale très compacte. Le plant fleurit en juin, parfois en juillet. La fleur, variant du blanc au crème, apparaît au bout de courtes tiges.Saxifraga cespitosa

 

Primula laurentiana Fernald 1928
Primevère laurentienne
Birdeye Primrose

La primevère laurentienne est une plante herbacée vivace et alpine originaire de l’est du Canada (Terre-Neuve, Québec et Nouvelle-Écosse) ainsi que du nord-est des États-Unis (Maine). Cette espèce littorale maritime fait partie de la section Aleuritia du genre Primula. À la floraison, en mai et juin, cette petite primevère bien de chez-nous produit une ombelle de 3 à 12 fleurs lilas, jusqu’à 20 fleurs en culture. Un cœur jaune colore le centre des fleurs qui sont composées de cinq pétales. La tige florale peut mesurer entre 10 à 45 cm (4 à 18 po) de hauteur. La rosette de feuilles basales peut atteindre 10 à 15 cm (4 à 6 po) de largeur. Le revers des feuilles dentées de cette mignonne primevère est blanchâtre. Le sol idéal pour sa culture est un sol caillouteux. On peut la placer dans un endroit mi-ombragé ou au soleil. Cette plante est rustique jusqu’en zone 3.

Primevère laurentienne

Primevère laurentienne

Campanula gieseckeana Vest 1819
La campanule de Giesecke
Giesecke’s bellflower

Cette plante indigène, de la famille des Campanulacées, pousse généralement dans les fissures des rochers. On l’aperçoit fréquemment sur les rivages maritimes du fleuve Saint-Laurent. La campanule de Giesecke est indigène au Canada et aux États-Unis. Elle donne à la fin de juin et en juillet des fleurs bleu lavande en forme de clochette. Les fleurs sont composées de cinq pétales. Les feuilles basales sont rondes, ce qu’évoque le nom de l’espèce. Les feuilles de la partie érigée de la tige sont longues et étroites. Les tiges sont parfois si faibles, qu’elles plient comme si un poids les empêchait de demeurer érigées.

La campanule de Giesecke

Le plant peut atteindre 20 à 30 cm (12 po) de hauteur et 30 cm (12 po) d’étalement. Il est rustique jusqu’en zone 2. Le nom de l’espèce honore l’explorateur polaire allemand Karl Ludwig Giesecke (1761-1883) qui a séjourné sept ans au Groenland et a envoyé un spécimen de campanule au botaniste autrichien Lorenz Chrysanth von Vest (1776-1840) qui a identifié cette nouvelle espèce et l’a nommée en l’honneur de Giesecke.

Campanula gieseckeana

NOTES DE RECHERCHE :

La campanule à feuilles rondes de l’Amérique que nous appelions encore récemment Campanula rotundifolia L. 1753 a changé de nom. Elle est devenue Campanula gieseckeana. C’est le docteur Thomas G. Lammers du Département de biologie de l’université du Wisconsin à Oshkosh qui a établi ce changement taxonomique.

Il a d’abord traité la famille des Campanulacées en 2007 dans la publication suivante :

Lammers, T. G. 2007. Campanulaceae. Pp26-56 dans :The Families and Genera of Vascular Plants, ed. K. Kubitzi, vol. 8, Asteridae, éd. J. W. Kadereit & C. Jeffrey. Springler-Verlag, Berlin.

Ensuite dans la monographie World Checklist and Bibiography of Campanulaceae, publiée par les jardins botaniques de Kew en Angleterre en 2007, l’espèce gieseckeana est devenu le nouveau taxon pour la plante qu’on appelait en Amérique Campanula rotundifolia. Aujourd’hui, l’espèce rotundifolia est réservé à la campanule à feuilles rondes qui pousse en Europe, en Russie et dans l’est de l’Asie. Les études de Lammers ont montré que C. rotundifolia était paraphylétique (ses descendants ne provenaient pas tous d’une même souche). La population nord-américaine formant un groupe monophylétique, donc issu d’un seul ancêtre, méritait donc un nouveau nom. Les deux ouvrages de Lammers représentaient la monographie la plus complète de la famille des Campanulacées depuis 1839. En 2009, le botaniste W. N. Takeuchi a nommé une nouvelle espèce de Nouvelle-Guinée en l’honneur du docteur Lammers : Ardisia lammersiana.

Cryptogramma stelleri (S.G. Gmel.) Prantl 1882
La cryptogramme de Steller
Steller’ rockbrake, fragile rockbrake

Cette plante herbacée vivace de la famille des Pteridacées est originaire du Canada, des États-Unis et des parties nordiques de l’Asie. Elle pousse généralement dans les fissures des rochers calcaires, à l’ombre et dans un substrat humide. Le plant, au port rampant, est bien ramifié. Le feuillage de cette fougère meurt à l’été.

Cryptogramma stelleri

Ses feuilles trifoliées mesurent 5 à 18 cm (2 à 7 po) de longueur et elles sont légèrement penchées. Il y a des frondes fertiles et non fertiles : leur morphologie est différente. Cette plante peut résister jusqu’à -40°C. Le nom de l’espèce honore le botaniste allemand George Wilhelm Steller (1709-1746) qui a exploré la Russie et est considéré comme le pionnier de l’histoire naturelle de l’Alaska.

La cryptogramme de Steller

La falaise regorge de fissures et d’endroits humides où cette fougère peut s’incruster.

Polypodium virginianum L. 1753
Le polypode de Virginie, la tripe de roche
Rock polypody, American wall fern

Cette fougère appartient à la famille des Polypodiacées. Elle est originaire du Canada et des États-Unis. Le polypode de Virginie colonise les rochers secs recouvert d’humus et les escarpements rocheux grâce à ses rhizomes qui résistent bien à la sécheresse.

 

Cette petite fougère y forme un tapis dense. Ses feuilles, divisées en une seule fois, sont étroites et peuvent mesurer 8 à 25 cm (3 à 10 po) de longueur et 6 cm (2 ½ po) de largeur. Elles demeurent vertes toute l’année. Le plant, de croissance lente, peut atteindre 30 cm (12 po) de hauteur. La tripe de roche, se cultive à l’ombre, car elle déteste le soleil. Une bonne humidité facilite son développement. Selon Rousseau, le nom commun de tripe de roche, un nom bien de chez-nous, est difficile à expliquer «à moins que les longues racines traçantes de cette fougère ne suggèrent les tripes, c’est-à-dire les boyaux, dans le sens canadien du mot).

NOTES DE RECHERCHES :

J’étais certain de mon identification quand j’ai donné le nom de Polypodium virginianum aux photos de cette plante. Tellement, que je ne l’avais pas envoyé à mon ami Frédéric pour faire valider mon identification.

Comme je lui fais toujours parvenir mes infolettres «botaniques» avant de vous les envoyer, voilà qu’il me demande si je savais qu’il y a deux espèces de tripes de roches au Québec. Comme on dit : il n’y en a pas de facile avec Frédéric même «pour un taxon que l’on croit connaître» !!!

Je retourne donc sur le web pour aller voir ce fameux Polypodium appalachianum dont il me parle. Je consulte d’abord Canadensys et je vois bien que le nom de cette espèce existe et est accepté. En allant vérifier chez GRIN, je vois que cette plante a été décrite en 1991 par Haufler & Windham. C’est donc une espèce reconnue récemment qui vient m’embêter.Polypodium virginianum

 

Tourelle, La Petite Tourelle, le 1 juillet 2010

J’ai consulté ensuite les principaux sites qui parlait de ces fougères «jumelles».

Quatre caractères diffèrent entre les deux espèces : les pinnules, le limbe, la pointe des frondes et les écailles des stipes.

Pour les botanistes :

Premièrement, les pinnules, les subdivisions des frondes, sont plutôt pointues chez le P. appalachianum et arrondies chez le P. virginianum.

Deuxièmement, le limbe du P. appalachianum, la partie de la feuille située à l’extrémité du pétiole, est triangulaire et plus large près de la base, alors que le limbe du P. virginianum est souvent plus large au milieu (forme oblongue) et ses côtés sont plus parallèles.

Troisième caractère différent : les pinnules proches du rachis forment une insertion distincte sur le P. appalachianum : la pointe (apex) des frondes inférieures est encochée.

Enfin, toutes les écailles du stipe sont d’un brun doré et non bicolores, sur le P. appalachianum. Ce dernier caractère est le plus facile à observer et on peut le voir même si la fronde n’est pas entièrement déployée, comme dans le cas des crosses de violon du printemps. Les écailles ou stipules avec marges sont brun pâle et la rainure centrale brun foncé chez le P. virginianum. (Voir: http://hardyfernlibrary.com/ferns/compareSpecies.cfm?auto=2).

Cette page a été validée et améliorée par le botaniste taxonomiste Jean Denis Brisson. Jean dixit : je suis un ‘beautaniste taxonomiste’… assez bien conservé pour son âge que personne ne me donne en me voyant. Il se prend pour Linné parfois … excusez le. Polypodium appalachium

Polypodium appalachium au-dessus et P. virginianum au-dessous. Source : http://hardyfernlibrary.com/ferns/listSpecies.cfm?Auto=94

Polypodium appalachianum Haufler & Windham 1991
Le polypode des Appalaches
Appalachian polypody, Appalachian rock polypody

Polypodium appalachianum

On voit les écailles brun-jaune doré sur les stipes de 2 heures (entre celui d’une
heure et de 3 heures). P. appalachium.

Cystopteris bulbifera (L.) Bernh. 1806
La cystoptère bulbifère, la cystoptéride bulbifère
Bulblet bladder fern, bulblet fern

Certaines plantes sont faciles à identifier alors que d’autres demandent la connaissance de certains traits caractéristiques parfois difficiles à bien apprécier pour un amateur comme moi. Imaginez-vous lorsque nous essayons de donner un nom à une plante photographiée qui est presque la jumelle d’une autre espèce et qui fréquente le même habitat. C’est le cas de Cystopteris bulbifera qui ressemble beaucoup à Cystopteris laurentiana.

Lorsqu’on tente d’identifier une plante sur le terrain on peut consulter un livre sur place et tenter de trouver les caractéristiques sur la plante que nous photographions qui vont nous amener à identifier précisément la plante. Sur ma photo nous ne pouvons malheureusement trouver les éléments qui nous permettraient d’affirmer hors de tout doute l’espèce précise de cystoptère. Comme l’espèce bulbifera est probable, je vais décrire cette espèce. Mais sachez que maintenant, le botaniste Frédéric Coursol m’a permis de faire des recherches qui vont me permettre d’identifier ces plantes la prochaine fois ou du moins de repérer le plus d’éléments d’identification possible pour les discerner.

La présence de la cystoptéride bulbifère nous indique un sol calcaire, riche, frais à humide. Cette plante originaire du Canada et des États-Unis est considérée comme commune dans les falaises de calcaire. Rustique jusqu’en zone 3, elle forme de larges colonies. Cette fougère, au port étalé et retombant, peut atteindre 35 cm (14 po) de hauteur et 50 cm (20 po) d’étalement. Le pétiole est rougeâtre. La prochaine fois que je vais observer ce genre de fougère, je vais tenter de trouver les petits bulbes caractéristiques sur l’endos des feuilles. Certains plants de la colonie devraient présenter cette caractéristique dans le cas de la cystoptère bulbifère. La section la plus large de la feuille est au-dessus de la base de la feuille chez le C. laurentiana alors que la section la plus large est à la base de la feuille chez le C. bulbifera. Et dire qu’il y a deux autres cystopérides au Québec !!! Merci au botaniste Frédéric Coursol qui m’a guidé pour ce texte.

cystoptéride bulbifère

Ses feuilles minces et allongées font penser à des plumes qui jaillissent de la falaise où cette fougère se fixe.

Honckenya peploides (L.) Ehrh. 1788
L’honckénye faux-pourpier, la sabline faux-péplus, le pourpier de mer, l’honkénye fausse-péplide
Seabeach sandwort, sea purslane

Cette plante vivace, qui appartient à la famille des Caryophyllacées, pousse sur les plages maritimes de sable grossier, de galets et de rochers. On la trouve au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Russie, au Japon et en Corée. Cette plante vivace très charnue est souvent appelée pourpier de mer. Elle tolère très bien la présence du sel. Ses tiges charnues sont généralement couchées et peuvent atteindre entre 10 à 30 cm (4 à 12 po) de longueur. La hauteur du plant peut varier entre 5 à 20 cm (2 à 8 po).

Honckenya peploides

Photo prise le 1 juillet 2010.

Ses feuilles vert jaunâtre, luisantes et succulentes sont opposées et semblent empilées les unes sur les autres. L’honckénye faux-pourpier produit en juillet et en août des grappes de petites fleurs composées de cinq pétales blancs qui dégagent des effluves mieilleuses. Le nom du genre honore le botaniste allemand Gerhard August Honckeny (1724-1805) qui est connu pour son Synopsis Plantarum Germaniae.

Honckenya peploides

Photo prise le 1 juillet 2010.

Mertensia maritima (L.) Gray 1822

La mertensie maritime
Sea lungwort, seaside bluebells

Cette plante de bord de mer est une petite plante herbacée vivace au port rampant. Elle est originaire de l’Amérique du Nord ainsi que de pays nordiques en Europe et en Asie. La mertensie maritime forme une rosette basale qui s’étale souvent sur les galets. Ses feuilles vert bleuté sont épaisses et recouvertes de pruine. Cette représentante de la famille des Boraginacées, donne des petites fleurs tubulaires qui sont d’abord roses en bouton et bleues lorsque qu’elles sont épanouie. Elles rappellent celles des pulmonaires. Cette mertensie fleurit à la fin du printemps et en juillet. En culture, elle demande certains soins. Cette plante se cultive dans un sol à tendance sablonneuse, toujours frais, mais jamais trop humide, dans un endroit lumineux ou mi-ombré. Le plant peut atteindre 12 à 15 cm (5 à 6 po) de hauteur et 40 cm (16 po) d’étalement. Il est rustique jusqu’en zone 3. Apparemment, les feuilles de cette plante comestible ont une ressemblance gustative avec l’huître d’où son som commun de plante huître en France.

Mertensia maritima

Plantago maritima L. 1753 (Syn. Plantago maritima subsp. juncoides (Lam.) Hultén 1949)
Le plantain maritime, le plantain joncoïde
Seaside plantain, goosetongue

Cette plante herbacée vivace appartient à la famille des Plantaginacées. Sa distribution est quasiment cosmopolite dans les régions tempérées et arctiques. Encore aujourd’hui, son appellation est controversée botaniquement et on lui a attribuée plusieurs noms. Le nom de l’espèce évoque le fait que son habitat se situe près de l’océan.

Plantago maritima

Chez-nous, le plantain maritime pousse sur les rivages rocheux de l’estuaire du Fleuve Saint-Laurent. Il se développe souvent au plein soleil dans les fissures des rochers. Le plantain maritime forme une rosette de feuilles minces et allongées de 10 à 25 cm (4 à 10 po) de hauteur et de largeur. Il produit un épi de minuscules fleurs jaunâtres qui peut mesurer entre 2 à 10 cm (1 à 4 po) de longueur.

 

Potentilla anserina L. 1753
La potentille ansérine
Common silverweed, silver-feather

Cette plante herbacée vivace, de la famille des Rosacées, est originaire du Canada, des États-Unis, de l’Europe et de l’Asie.

potentille ansérine

 

Elle donne de juin à août des fleurs solitaires jaune vif composées généralement de cinq pétales qui mesurent entre 1,5 à 2 cm de diamètre. Ses tiges stolonifères brunes sont couchées, un peu comme les fraisiers. Elles peuvent mesurer de 15 à 80 cm (6 à 32 po) de longueur. Les feuilles vertes de cette plante tapissante mesurent 10 à 20 cm (4 à 8 po) de longueur. Ces feuilles elliptiques aux bords dentés sont couvertes de poils, surtout au revers de la feuille. L’endos de la feuille est habituellement argenté. La potentielle ansérine pousse en plein soleil dans des endroits au moins légèrement humides.

Ranunculus abortivus L. 1753
La renoncule abortive, la renoncule avortée
Kidney-leaved buttercup, small-flowered buttercupRanunculus abortivus

Cette plante originaire du Canada et des États-Unis fait partie de la famille des Renonculacées. C’est une plante bisannuelle ou une plante vivace de courte durée. Très tôt au printemps, elle donne des petites fleurs composées de cinq pétales jaune pâle et de cinq sépales verts. Les sépales sont plus longs que les pétales. Les tiges donne d’une à trois fleurs terminales. Cette renoncule peut atteindre entre 15 à 60 cm (6 à 24 po) de hauteur. On trouve habituellement cette plante commune sous une ombre partielle.

Rock Giguère
2014-12-16

Une plante alpine intéressante : Asyneuma limonifolium

Une plante alpine intéressante : Asyneuma limonifolium

Infolettre 20141213

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je vous parle d’une autre plante qui fait partie de ma collection de plantes alpines. Elle n’a que deux ans, mais elle promet déjà de belles floraisons dans mon jardin de crevasses en face du lac. Une autre surprise qui provient de semis et qui a bien passé l’hiver 2013/2014 chez-moi.

Asyneuma limonifolium (L.) Janch 1906 (Basionyme : Campanula limoniifolia L. 1762)
L’asyneume à feuille de statice

Cette plante appartient à la famille des Campanulacées. Elle est originaire des Balkans, de l’Italie et de la Turquie où elle croît dans les pelouses rocailleuses calcaires.

Asyneuma limonifolium

Cette plante herbacée vivace forme une touffe de feuilles lancéolées vert foncé, étroites, épaisses et ondulées, qui mesurent entre 3 à 6 cm (1 à 2½) de longueur. L’asyneume à feuille de statice peut atteindre 30 à 50 cm (12 à 20 po) de hauteur. Elle donne des épis de fleurs bleu violet en forme d’étoiles à la fin de l’été. Cette campanulacée se cultive en plein soleil.

L’espèce limonifolium est très polymorphe, donc elle peut présenter des formes diverses. Les tiges avaient tendance à tomber lors de sa floraison en août 2014. Sur le web, on voit des photos où le plant est plus trapu et plus fort, mais quelques jardiniers se plaignent aussi qu’il devient assez haut et qu’alors les tiges ont tendances à s’écraser. Nous verrons l’an prochain.

Asyneuma limonifolium

Rock Giguère
2014-12-02

Des mini-jardins de succulentes

Infolettre 20141208

Bonjour à tous,

Aujourd’hui nous allons parler de l’aménagement d’un mini-jardin en contenant avec des plantes succulentes. Cette nouvelle tendance est de plus en plus prisée par certaines personnes qui ne possèdent qu’un balcon ou même par des gens qui possèdent un bon espace pour jardiner. On peut adopter plusieurs styles comme le style japonais ou désertique. Il suffit de laisser aller notre imagination et notre sens artistique.

Jardins miniatures

Arrangement au Domaine Joly-De Lotbinière dans le cadre du concours Tendances 2014 : Calocephalus brownii ‘Silver Bush’, Crassula ovata ‘Hobbit’, Senecio ‘Blue Chalky Fingers’, Euphorbia tirucalli ‘Sticks of Fire’, Echeveria runyonii ‘Topsy Turvy’

Matériel requis :

– un contenant décoratif assez large et pas trop haut pour permettre l’installation de plusieurs plantes ;
– un bon substrat de plantation ;
– des pierres au contour raffiné ;
– des fragments de bois originaux ;
– de la mousse séchée ou vivante.

Jardins miniatures

Arrangement au Domaine Joly-De Lotbinière dans le cadre du concours Tendances 2014 : Ficus elastica ‘Tineke’, Lampranthus aureus, Nematanthus gregarius ‘Cheerio’, Aeonium ‘Kiwi’

Végétaux :

– des plantes grasses ou cactus ;
– des conifères nains à croissance lente ;
– des plantes vivaces à étalement restreint ;
– des petites graminées ;
– certaines fines herbes.

Règles à suivre :

– varier les couleurs, les formes et les textures ;
– la plante la plus haute ne devrait pas dépasser une fois et demie le diamètre du contenant ;
– souvent les arbres prédominent le paysage.

Jardins miniatures

Arrangement chez-moi en 2014 : Uncinia rubra ‘Belinda’s Find’, Aeonium ‘Kiwi’, Agave leopoldii.

Jardins miniatures

Arrangement au Domaine Joly-De Lotbinière dans le cadre du concours Tendances 2014 : Euphorbia tirucalli, Nematanthus gregarius ‘Cheerio’

Jardins miniatures

Arrangement chez-moi en 2014 : Kalanchoe thyrsiflora ‘Flap Jacks’, Crassula ovata ‘Hobbit’, Calocephalus brownii ‘Silver Stone’, Cordyline ‘Fairchild Red’

Rock Giguère
2014-12-08

Un clérodendron grimpant : ‘Red Lilac’

Infolettre 20141203

Bonjour à tous,

Les clérodendrons s’adaptent très bien à notre jardin en été, même en zone 3 b comme moi. Cet été, j’ai eu beaucoup de succès avec un clérodendron grimpant qui a fleuri tout l’été..

Clerodendrum speciosum ’Red Lilac’
Le clérodendron élégant ’Red Lilac’

Cette plante grimpante donne des fleurs rouge écarlate teintées de rose fuchsia qui contrastent élégamment avec ses bractées roses, bordées par un liseré violacé. Les bractées demeurent colorées toute la saison après la tombée de la fleur.

Clérodendron grimpant

Merci à mon ami Normand Tellier (DECO-Style) qui m’a fait essayer cette plante.

Clerodendron grimpant

Je l’ai fait grimper sur mon arche.

L’inflorescence forme une panicule qui mesure environ 15 cm (6 po) de diamètre. Ses feuilles en forme de cœur sont vert foncé. On peut cultiver cette plante au soleil ou à la mi-ombre. La culture de cette plante demande un support comme un treillis. ’Red Lilac’ peut atteindre 1 à 2 m (3 à 6 pi) de hauteur. L’hybride speciosum est un croisement entre Clerodendron splendens et Clerodendron thompsoniae

Clérodendron grimpant.

Les bractées demeurent colorées toute la saison après la tombée de la fleur.

NOTE : Cette plante sera disponible sur les marchés l’an prochain car elle sera commercialisé par DECO-Style.

Rock Giguère
2014-12-02

Un petit delphinium chinois : Delphinium tatsienense

Infolettre 20141202

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je vous parle d’une autre perle rare qui fait partie de ma collection de plantes alpines: le delphinium de Tasienlu. Toujours un semis de mon amie Mildred, de Matane.

Delphinium tatsienense Franch. 1893
Le delphinium de Tatsienlu

Le nom de l’espèce évoque la ville de Kangding situé à l’ouest de la province du Sichuan, celle-ci ayant été connue historiquement comme Tatsienlu et Tachienlu. Elle fait partie de la famille des Ranunculacées. Le delphinium de Tatsienlu est originaire des provinces du Qinghai, du Sichuan et du Yunnan en Chine.

Delphinium de Chin

On trouve cette plante herbacée vivace au soleil, sur des pentes herbeuses et dans des prairies alpines, à des altitudes variant entre 2 300 à 4 000 m. Chez-moi la plante a fleuri au mois de juillet. Le pic de la floraison est survenu à la mi-juillet. Cette plante, à l’apparence très légère, peut atteindre 30 à 70 cm (12 à 28 po) de hauteur et 30 cm (12 po) de largeur. Les feuilles sont finement ciselées. Le delphinium de Tatsienlu donne des fleurs bleu clair. Le plant de mon jardin a été obtenu pas semis

Delphinium de Chin

Rock Giguère
2014-12-02

Un aconit naine : l’aconit ‘Rya’

Infolettre 20141201

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je vous parle d’une perle rare qui fait partie de ma collection de plantes alpines.

Aconitum ‘Rya’
L’aconit ‘Rya’

L’aconit ‘Rya’ a été trouvé dans un jardin en Norvège, plus précisément à Andoya, dans le comté de Nordland. On ne connait donc pas l’origine exacte de cette plante herbacée vivace. Cette forme naine de l’aconit pourrait être un semis de l’aconit panaché (Aconitum variegatum, syn. Aconitum cammarum), de l’aconit napel (Aconitum napellus) ou un croisement entre les deux. Il peut être aussi un hybride entre ces deux aconits et l’aconit du Nord (Aconitum septentrionale).

La hauteur de cette plante miniature, au port compact, se limite à 50 cm (20 po). Ses feuilles vert sombre sont très découpées. La hampe florale, ressemblant fortement à celle de l’aconit napel, est presque aussi longue que la végétation qui la procède. Les tiges sont rougeâtres. ‘Rya’ donne des grappes de grosses fleurs bleu violacé.

L’aconit ‘Rya’Sa floraison débute vers le début de juillet. Cette plante se développe dans un sol uniformément humide et riche, sous une exposition ensoleillée.

Les graines de mon spécimen ont été obtenus de Magnar Aspaker, un enseignant norvégien qui échange et vend des graines au niveau mondial. Comme il est fort connu, il a pu essayer dans son jardin plusieurs plantes rares qu’il offre maintenant sur sa liste «de plantes alpines nordiques et de plantes vivaces» (voir www.aspaker.no/). Grâce à un semis effectué en 2010 par ma bonne amie Mildred de Matane, j’ai pu obtenir un plant au printemps 2012. Il a fleuri en juillet 2014 pour la première fois et a donné deux épis floraux.

aconit

Rock Giguère
2014-12-01

HERBORISATION dans une tourbière et dans ses alentours à Saint-Hilaire-de-Dorset

HERBORISATION dans une tourbière et dans ses alentours à Saint-Hilaire-de-Dorset

Infolettre 20141130

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, on va se familiariser avec des plantes de tourbières. Les 18, 19 et 20 juillet 2014, j’ai accompagné le clan familial à la pêche, sur une réserve forestière située à Saint-Hilaire-de-Dorset dans la Beauce. L’accès est contrôlé par la compagnie forestière Domtar qui opère le lieu. Mon frère fait partie du club privé de chasse et pêche qui tient ses activités sur la concession. Le secteur des tourbières, des rives avoisinantes des lacs et des rivières est peu perturbé, un endroit rêvé pour ceux qui s’intéressent aux plantes sauvages. Voici les résultats de ma pêche :

Calopogon tuberosus (L.) Britton et al. 1888
Le calopogon tubéreux, le calopogon gracieux
Tuberous grass pink

calopogon tubéreux

Le genre Calopogon compte cinq espèces et fait partie de la famille des Orchidacées. Calopogon signifie «belle barbe». Le calopogon tubéreux est indigène au Canada et aux États-Unis, ainsi qu’à Cuba et aux Bahamas. Son habitat préféré est un sol acide et humide, comme celui des tourbières. Cette plante vivace fleurit au mois de juillet. La fleur mesure entre 2,5 et 4 cm (1 à ½ po) de diamètre. Une crête dorée orne un labelle supérieur. Le plant donne de quatre à douze fleurs magenta à rose, légèrement parfumées et très voyantes. Ce calopogon peut mesurer 15 à 50 cm (6 à 20 po) de hauteur. La pollinisation est effectuée principalement par les abeilles.

calopogon gracieux

Platanthera blephariglottis (Willd.) Lindl. 1835 var. blephariglottis
La platanthère à gorge frangée
White Fringed Orchid

Cette orchidée terrestre, qui pousse directement dans la sphaigne, est originaire de l’est du continent nord-américain, de Terre-Neuve jusqu’à l’État de la Géorgie. Elle pousse généralement dans les tourbières ombotrophes, c’est-à-dire des lieux humides qui sont alimentés uniquement par des eaux météoriques, soit par la pluie, la neige, le brouillard et même le vent. La platanthère à gorge frangée est une plante élancée qui peut atteindre entre 30 à 60 cm (1 à 2 pi) de hauteur. Elle fleurit de la fin de juin jusqu’en août. Elle produit une inflorescence en grappe qui peut contenir de 10 à 25 fleurs non odorantes d’un beau blanc pur. Le labelle est bordé d’une délicate frange.

La platanthère à gorge frangée

La platanthère à gorge frangée

 

 

Cette orchidacée est plus souvent présente sur les sites où les activités humaines environnantes ne sont pas fréquentes. Cette orchidée est considérée comme rare au Québec. Vincent Laroche, dans sa thèse de maîtrise en sciences biologique déposée en décembre 2010, a montré que la platanthère à gorge frangée serait une bonne indicatrice de l’intégrité écologique des tourbières ombotrophes au Québec.

LAROCHE, Vincent. Plathanthera blephariglottis : une espèce indicatrice de l’intégrité écologique des tourbières ombrotrophes au Québec. Université de Montréal, Faculté des arts et sciences, Département de sciences biologiques, décembre 2010. 53 p.

 tourbières ombotrophes

Platanthera clavellata (Michx.) Luer 1972
La platanthère claviforme, l’habénaire à petite massue
Club-spur orchid

Cette plante originaire de l’est du Canada et des États-Unis fait partie des Orchidacées. Le nom de l’espèce, clavellata, signifie petit clou et évoque le long éperon de la fleur en forme de massue d’où son nom commun d’habénaire à petite massue. La position de ses fleurs, souvent horizontale, nous aide à identifier cette espèce. L’inflorescence, un épi terminal, porte 5 à 15 fleurs, vert pâle à vert jaunâtre. Le temps de floraison va du début de juillet jusque vers la fin d’août. Cette petite orchidée mesure de 10 à 45 cm (4 à 18 po) de hauteur. L’un de ses habitats préférés est la tourbière.

platanthère claviforme

Platanthera clavellata

 

Platanthera clavellata

Drosera rotundifolia L. 1753

La drosère à feuilles rondes, l’herbe à la rosée à feuilles rondes, le rossolis à feuilles rondes
Common sundew, round-leaved sundew

Le genre Drosera tire son origine du mot grec drosos qui signifie la rosée, d’où son nom commun d’herbe à la rosée. Comme il peut aussi provenir du latin ros solis, la rosée du soleil, les drosères sont aussi connues sous le nom de rossolis.

drosère à feuilles rondes

Drosera rotundifolia

La drosère à feuilles rondes appartient à la famille des Droséracées. On la trouve dans des régions tempérées, en Amérique du Nord, en Europe et en Asie,. C’est l’espèce la plus répandue dans le genre Drosera et l’une des quatre espèces qui poussent au Québec.

Cette plante pousse généralement au plein soleil dans le sol acide des tourbières et des marais à shaignes. Souvent on l’aperçoit sur un fond de sphaigne rougeâtre comme la sphaigne rouge (Sphagnum rubellum). Elle présente souvent une coloration rougeâtre. Les feuilles de cette drosère, portées par un long pétiole, sont le plus souvent appliquées contre le sol. Elles sont petites et rondes ce qu’évoque le nom de l’espèce.

Ses feuilles sont recouvertes de glue, ce qui leur donne l’aspect d’être imprégnées de nectar ou d’eau, ce qui attire les insectes. Les petits insectes qui entrent en contact avec ces tentacules brillants sont englués et attirés vers le centre de la feuille où ils seront digérés par des sucs digestifs. Comme cette plante vit dans un milieu très pauvre, cette plante compense avec de la nourriture organique.

Cette petite plante carnivore vivace terrestre forme une rosette de 2 à 5 m (1 à 2 po), rarement jusqu’à 8 cm (3 po).

Sphagnum rubellum Wilson 1855
La sphaigne rouge
Red narrow leaf peat moss

La sphaigne rouge tapissait le sol de la tourbière où poussait la drosère à feuilles rondes.

Sphagnum rubellum

Sphagnum rubellum Wilson 1855

Sarracenia purpurea L. 1753
La sarracénie pourpre
Northern pitcher plant

Le genre Sarracenia compte environ huit espèces, toutes d’origine nord-américaines. En nommant ce genre en 1753, Linné a rendu hommage au docteur Michel Sarrazin (1659-1734), un médecin du roi qui a exercé en Nouvelle-France. Celui-ci avait envoyé en 1700 un spécimen de la sarracénie pourpre au botaniste français Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) qui travaillait au Jardin des plantes de Paris. Tournefort a décrit la plante en honorant Michel Sarrazin : Sarracenam appellavi a Clarrissimo D. Sarrazin. Une seule espèce est présente au Québec : la sarracénie pourpre. Le nom de l’espèce, purpurea, évoque les veines des feuilles mais surtout la coloration de la fleur.

La sarracénie pourpre

On la rencontre même dans les tourbières finissantes envahies de buissons et de jeunes arbres colonisateurs.

Les feuilles refermées sur elles-mêmes de cette plante carnivore, forment une espèce d’urne, une véritable «fosse aux lions» veinées de rouge. Ces vases se remplissent d’eau lors des pluies ou à partir de la rosée, devenant ainsi un piège passif pour les insectes qui s’y noient. La paroi extérieure du vase attire les proies par sa coloration et une substance secrété à la surface. Les insectes se pose ur le col de la trappe, une surface brillante, étroite et glissante. Les plus malchanceux tombent ensuite à l’intérieur de l’urne ou y descendent pour se désaltérer. La paroi intérieure étant munis de poils raides et dirigés de haut en bas empêche la fuite. C’est donc un billet aller, mais sans retour.

tourbières ombrotrophes

Les feuilles sont disposées en rosette. La plante doit avoir au moins trois ou quatre ans pour fleurir. Cette plante herbacée vivace donne généralement une seule fleur pourpre par année, au printemps. Celle-ci demeure une bonne partie de l’année. La fleur solitaire est pendante. La hampe florale peut mesurer entre 30 à 60 cm (1 à 2 pi) de hauteur. Cette plante est typique des tourbières ombrotrophes comme à Saint-Hilaire-de-Dorset. Elle peut pousser dans un sol très pauvre et acide, en suppléant avec sa nourriture organique. On la rencontre même dans les tourbières finissantes envahies de buissons et de jeunes arbres colonisateurs. Selon Marie-Victorin, la sarracénie pourpre «est la plus extraordinaire plante de notre flore».

La sarracénie pourpre

Eriophorum virginicum L. 1753
La linaigrette de Virginie
Cotton grass. tawny cotton grass

Cette plante vivace fait partie de la famille des Cypéracées. Elle se développe généralement au plein soleil, dans un sol mouillé. Cette plante forme une seule tige qui peut atteindre 40 à 120 cm (16 à 48 po) de hauteur. Ses feuilles sont linéaires comme une graminée. C’est la plus tardive des linaigrettes. Son inflorescence est une panicule qui ressemble à une petite queue de lièvre de blanc à brun pâle. À Dorset, une tourbière ombrotrophe à sphaignes, la linaigrette de Virginie accompagnait l’andromède glauque (Andromeda polifolia var. latifolia).

La linaigrette de Virginie

 

Eriophorum vaginatum subsp. spissum (Fernald) Hultén 1942
La linaigrette dense
Dense cottongrass

L’espèce vaginatum est variable : certaines autorités botaniques la divise en deux sous-espèces, vaginatum et spissum. La plante est formée d’une longue tige raide qui porte un épillet solitaire de soies blanches qui forme une boule soyeuse. Cette tige peut atteindre 60 cm (12 po) de hauteur. On trouve la linaigrette dense dans les marais et les tourbières, dans un sol acide.

Eriophorum vaginatum

Spiraea tomentosa L. 1753
La spirée tomenteuse, le thé du Canada
Steeplebush, meadowsweet

La spirée tomenteuse appartient à la famille des Rosacées. Elle est originaire du Canada et des États-Unis. Le nom de l’espèce, tomentosa, évoque la présence de poils sur plusieurs parties de cet arbuste à feuilles caduques, dont la tige, le revers des feuilles et les boutons floraux qui sont recouverts d’une pubescence feutrée de couleur rouille. En juillet, cet arbuste produit à l’extrémité des tiges des panicules de fleurs roses mesurant entre 10 à 20 cm (4 à 8 po) de longueur. Les fleurs sont composées de cinq pétales. Cette spirée peut atteindre 30 à 120 cm (1 à 4 pi) de hauteur et 50 cm (20 po) de largeur. Elle préfère pousser dans des lieux humide, comme les abords d’une tourbière.

le thé du Canada

Equisetum variegatum Schleich. ex F. Weber & D. Moohr 1807
La prêle panachée
Variegated horsetail, variegated scouring rush

La prêle panachée fait partie de la famille des Équisétacées. Le plant ne présente pas de ramification. Les tiges vert foncées de cette prêle très fine peuvent atteindre 10 à 45 cm (4 à 18 po) parfois plus. Elles se terminent par un petit cône qui devient mature à la fin de l’été. Certaines formes présentent une forme érigée alors que d’autres sont prostrées. Cette plante ressemble beaucoup à la prêle d’hiver (Equisetum hyemale).

La prêle panachée

Aralia hispida Vent. 1801
L’aralie hispide, la salsepareille, l’aralie hérissée, l’aralie velue
Bristly sarsaparilla, bristly spikenard, wild elder

Le genre Aralia appartient à la famille des Araliacées. Le nom du genre a été créé par le botaniste français Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) qui a latinisé le mot canadien-français «aralie», un mot qui provenait probablement de la langue iroquoise. Le docteur Michel Sarrazin (1659-1734), un médecin du roi qui a exercé en Nouvelle-France, lui avait envoyé des plantes du genre Aralia. Le nom de l’espèce, hispida, signifie hérissé ou velu. Cette caractéristique se rapporte à ses tiges qui sont garnies de longs poils pointus, un trait distinctif pour cette espèce. L’aralie hispide est une plante indigène du Canada et des États-Unis qui pousse souvent en colonie.

L'aralie hispide

salsepareille

Les fleurs jaune à blanc verdâtre sont regroupées en ombelles. La plante peut en produire entre 2 à 25. Ces ombelles mesurent environ 3 cm (1¼ po) de diamètre. Les fleurs sont composées de cinq pétales. La floraison survient en juin et en juillet. Des baies globuleuses noires bleuâtres suivent après la floraison.

Aralia hispida

L’aralie hispide est un arbuste dont les tiges sont ligneuses sur ses premiers 5 à 20 cm (2 à 8 po). Seulement celles-ci persistent durant l’hiver, le reste de la tige ne résistant pas au gel. Les tiges sont rougeâtres dans la partie supérieure de la plante.

aralie hispide

Cette plante bien dressée ne présente que quelques feuilles qui sont concentrées à sa base. L’aralie hispide peut mesurer 15 à 90 cm (6 à 36 po) de hauteur. Cette plante préfère les endroits secs mais on peut la trouver occasionnellement dans des endroits très humides, si elle est en plein soleil.

salsepareille

Pyrola elliptica Nutt. 1818
La pyrole elliptique

La pyrole elliptique est une plante indigène du Canada et des États-Unis. Elle appartient à la famille des Éricacées. C’est la pyrole qui est la plus commune au Québec.

indigène du Canada

Lors de la floraison, en juillet, cette plante herbacée vivace produit une hampe florale de fleurs blanches et cireuses. La hampe peut présenter 3 à 14 fleurs. Les fleurs sont composées de cinq pétales. Le style vert pâle est recourbé comme une trompe d’éléphant et dépasse la partie supérieure des pétales.

sol humide

Ses feuilles ovales ou elliptiques, donc plus longues que larges, mesurent 2,5 à 7,5 cm (1 à 3 po) de longueur et environ 5m (2 po) de largeur. Les feuilles, presque basales, sont persistantes. Le plant peut atteindre 12 à 30 cm (5 à 12 po).

pyrole elliptique

Cette plante peut se développer en pleine ombre et à la mi-ombre. Si elle pousse en plein soleil elle a besoin alors d’un sol humide. On la trouve habituellement dans des sols humides à sec principalement dans les forêts d’arbres caduques mais quelquefois dans des florêts de conifères, souvent sur les berges des ruisseaux et des marais.

Rubus repens (L.) Kuntze 1891(Syn. Dalibarda repens L. 1753)
La dailbarde rampante
Dewdrop, star violet, false violet

Cette petite plante de sous-bois ombragée, originaire de l’est du Canada et des États-Unis, mériterait une place dans nos jardins. Elle fait partie de la famille des Rosacées. Les feuilles basales de cette plante herbacée vivace sont en forme de coeur et leur bordure est crénelée. La dailbarde rampante donne en été des fleurs blanches à cinq pétales qui mesurent environ 1 cm (½ po) de diamètre. Cette plante aux tiges rampantes se développe bien dans un sol acide et humide. Le plant peut atteindre 10 à 15 cm (4 à 6 po) de hauteur.

dailbarde rampante

dailbarde rampante

Andromeda polifolia var. latifolia Aiton 1789 (Syn. Andromeda glaucophylla Link 1821)
L’andromède glauque

Les feuilles étroites et glauques de ce petit arbuste présentent un revers argenté. Dans son habitat, cet arbuste qui affectionne l’eau, pousse dans la sphaigne des tourbières et des bords de lac. Il produit au printemps des bouquets de fleurs pendantes en forme de grelot, blanc rosé. L’andromède à feuilles glauques peut atteindre 25 à 50 cm (10 à 20 po) de hauteur et de largeur. Il se cultive au jardin dans un sol humifère à l’ombre ou au soleil tamisé. Cet arbuste au port érigé est originaire de l’Amérique du Nord.

andromède glauque

 

Rock Giguère
2014-11-25

L’asclépiade commune et les papillons

L’asclépiade commune et les papillons

Infolettre 20141125

Bonjour à tous,

Un véritable essaim de papillons a attiré mon attention vers la mi-juillet sur une colonie d’asclépiades communes. J’ai spontanément pensé au papillon monarque (Danaus plexippus L. 1758) . Mais non mon ami expert des bibittes, Jean-Denis Brisson, a vite fait d’identifier l’argyne cybèle (Speyeria cybele Fabricious 1775).

L’interaction entre le papillon monarque et l’asclépiade est bien connue. Les abeilles et les oiseaux mouches se nourrissent également de son nectar. En fait, elle fait le bonheur de plusieurs insectes et papillons. Une véritable fontaine de nectar.

La couleur blanc jaune des fleurs de l’asclépiade m’intrigua aussi.

asclépiade commune

C’est pour cela que j’ai fait quelques recherches sur le sujet. Le botaniste Frederic Coursol a identifié une asclépiade commune, malgré la couleur blanchâtre. J’ai découvert à travers mes lectures que les fleurs de l’asclépiade ne sont pas toutes roses ou pourpres.

Asclepias syriaca L. 1752
L’asclépiade commune, l’asclépiade de Cornut, l’asclépiade de Syrie, les petits cochons, l’herbe à la ouate, l’herbe à coton
Common milkweed, silkweed, silky milkweed

L’asclépiade commune appartient à la famille des Apocynacées. Cette plante herbacée vivace est une plante indigène du Canada et des États-Unis. C’est une des plantes indigènes les plus communes au Québec. Elle a été décrite scientifiquement pour la première fois en 1635 par le botaniste français Jacques Philippe Cornuti (1606-1651), ce qui est très tôt pour une plante américaine. Le botaniste français Descaine (1807-1882) lui a donné le nom d’Asclepias cornuti en 1844, ce qu’évoque l’un des ses noms communs d’asclépiade de Cornut. Quant à la raison d’attribuer le nom de syriaca à l’espèce, on n’en sait trop rien, la Syrie n’ayant rien à voir avec cette plante. On la trouve dans les champs, dans les fossés et les terrains vagues.

Sa tige centrale de couleur vert pale est très forte. Les feuilles vert léger et largement ovales sont opposées. Ces dernières mesurent environ 20 cm (8 po) de longueur et 9 cm (3½ po) de largeur. Cette plante donne en juillet des ombelles de fleurs qui peuvent atteindre entre 6 à 7,5 cm (2½ à 3 po) de diamètre. Les fleurs sont légèrement parfumées : des effluves semblable à celles que répandent les violettes. D’autres disent que son parfum rappelle celui des lavandes. La couleur des fleurs varient du pourpre un peu fade au rouge pourpre, du verdâtre au blanc. Elles sont suivies par de gros fruits qui peuvent mesurer jusqu’à 10 cm (4 po) de longueur. Lorsqu’il s’ouvre, le fruit épineux libère des graines pourvues d’aigrettes soyeuses. La plante peut atteindre 1 à 2 m (3 à 6 pi) de hauteur. Elle se répand rapidement par ses rhizomes qui s’étendent dans tous les sens.

asclépiade commune

Speyeria cybele Fabricious 1775 (famille des nymphalidées), l’argyne cybèle (great spangled fritillary)

L’asclépiade commune est toxique à cause de son latex blanchâtre. Exceptionnellement, le monarque et sa chenille peuvent s’alimenter sur cette plante sans en subir les effets. Ils accumulent ainsi les toxines et deviennent de très mauvais goût. Un cas d’arme chimique chez les insectes pour se défendre …

Un amiral abîmé faisait même partie du groupe :

asclépiade commune

Limentis arthemis Drury 1773 (famille des Nymphalidées), l’amiral (white amiral)

Une cténuche de Virginie

famille des Érébidés

Ctenucha virginica Esper, 1794 (famille des Érébidés), la cténuche de Virginie

L’an prochain, je me promets de passer une couple d’heures à photographier des insectes sur ces asclépiades.

La colonie d’asclépiades marquait le point d’entrée d’un sentier de brousse pleins de souches pour se rendre à cette petite rivière.

colonie d'asclepiades

Rock Giguère
2014-11-25

All-America Selections se met à jour …

Infolettre 20141122

Bonjour à tous,

Pour la première fois, depuis 80 ans, All-America Selections a commencé à vérifier la performance de plantes annuelles reproduites par bouture. Traditionnellement, seules les plantes issues de semis étaient jugées. Ce sont deux impatientes qui vont inaugurer l’Ère nouvelle du championnat des plantes végétatives au réputé concours All-America Selections.

Impatiens Bounce™ Pink Flame ‘Balboufink’ All-America Selections 2015
L’impatiente interspécifique Bounce™ Pink Flame ‘Balboufink’

Impatiens Bounce™ Pink Flame 'Balboufink'

Photo prise au jardin d’essais du Michigan State University le 26 juillet 2014.

Appréciation des juges de All-America Selections 2015

L’impatiente interspécifique Bounce™ Pink Flame a été sélectionnée par les juges d’All-America Selections 2015 à cause de sa floraison spectaculaire et éclatante de fleurs roses bicolores et de son bon comportement autant à l’ombre qu’au soleil. Pour eux ce cultivar fait beaucoup mieux qu’une impatiente de Waller (Impatiens walleriana) et en plus il est résistant au mildiou de l’impatiente.

Description générale de la série Bounce™

Les impatientes interspécifiques de la série Bounce™, une nouvelle série d’impatientes de la compagnie Selecta/Ball présentent le port et la floraison d’une impatiente de Waller (Impatiens walleriana), celle que nous ne devrions plus cultiver à cause de sa susceptibilité au mildiou de l’impatiente. Les cultivars de cette nouvelle série peuvent être placés au soleil ou à l’ombre. Ils sont résistants au mildiou de l’impatiente. Leur hauteur et leur étalement peut varier entre 35 à 50 cm (14 à 20 po). Les couleurs suivantes sont disponibles : cerise, lilas, rose flamme, blanc et violet. Le nom de la série évoque l’un des principaux avantages de la série d’impatientes interspécifiques Bounce™ qui est sa tolérance au manque d’eau, même si elles demandent un arrosage régulier. Les impatientes de cette série peuvent donc mieux réagir que leurs congénères à un ou deux oublis d’arrosage.

Impatiens hawkeri SunPatiens® Spreading Shell Pink All-America Selections 2015
L’impatiente de Nouvelle-Guinée SunPatiens® Spreading Shell Pink

Impatiens hawkeri SunPatiens

Photo prise au California Spring Trials le 6 avril 2014, chez l’hybrideur de cette beauté, Sakata Seeds.

La série SunPatiens®, de la réputée maison japonaise Sakata Ornamentals, a prouvé depuis quelques années sa vigueur exceptionnelle autant en Europe qu’en Amérique. Les cultivars de

cette série présentent une floraison exceptionnelle et ceci peu importe les conditions de température.

Même le vent ne leur fait pas peur. Ces impatientes de Nouvelle-Guinée arborent une forme érigée en tous sens, bien ramifiée au port compact. Leur système racinaire est agressif et se développe rapidement. Elles sont versatiles pouvant être cultivées en plein soleil ou sous une mi-ombre lumineuse.

Comme les impatientes de la Nouvelle-Guinée de la série SunPatiens® sont fortement résistantes au mildiou de l’impatiente, ce sont des choix de premier ordre pour remplacer les impatientes de Waller.

Appréciation des juges de All-America Selections 2015

Les juges d’All-America Selections 2015 ont aimé cette plante vigoureuse et étalée qui conserve sa belle forme durant tout l’été, en plus de performer autant au soleil qu’à l’ombre. Cette plante qui demande peu de soins est parfaite pour les jardiniers qui recherche une impatiente résistante au mildiou de l’impatiente.

Description du cultivar SunPatiens® Spreading Shell Pink

Les fortes racines de cette sélection d’impatiente s’implantent rapidement après la transplantation. Le plant forme un monticule de feuilles vert foncé qui peut atteindre 50 à 90 cm (20 à 36 po) de hauteur et entre 50 à 90 cm (20 à 36 po) d’étalement. Ces impatientes se développent bien même aux grandes chaleurs, à la pluie et à l’humidité. La génétique unique de l’impatiente SunPatiens® Spreading Shell Pink permet une performance hors du commun tout le long de la saison avec une floraison qui ne ralentit en aucun moment. SunPatiens® Spreading Shell Pink produit des fleurs rose corail de 5 à 7,5 cm (2 à 3 po) de diamètre. Elles attirent les colibris. Cette plante se cultive au soleil ou à la mi-ombre avec quatre heures de lumière ou plus par jour.

Impatiens SunPatiens

Rock Giguère
2014-11-22

HERBORISATION sur les berges du fleuve Saint-Laurent, Domaine Joly-De Lotbinière

Bonjour à tous,

Je vous présente aujourd’hui la deuxième partie de mon exploration botanique à Pointe-Platon. Cette partie est une continuité de l’infolettre 20141008.

Bidens cernua L. 1753
Le bident penché
Nodding Bur-Marigold

Le bident penché appartient à la grande famille des Astéracées. Ses feuilles sont étroites, lancéolées, opposées et dentées. Sans pétioles, elles sont soudées à la tige. Elles mesurent au-dessus de 15 cm (6 po) de longueur. Les fleurs sont composées de huit pétales jaunes avec une encoche au bout des pétales. Parfois, il manque une ou deux pétales. Elles mesurent de 1,5 à 4 cm (½ à 1½ po) de diamètre. La fleur hoche la tête en prenant de la maturité, ce qu’évoque son nom commun de bident penché. Le plant peut atteindre 30 à 90 cm (1 à 3 pi) de hauteur.

bident penche_Rock Giguère

NOTE : Je voudrais remercier tout particulièrement monsieur Frédéric Coursol, botaniste au Jardin botanique de Montréal, à la Division recherche et développement scientifique pour son aide dans mes infolettres plus «botaniques». Sans lui, je n’aurais pu par exemple identifier précisément mes photos afin de pouvoir mieux comprendre ce monde complexe qu’est celui des bidents.

Bidens eatonii Fernald 1903
Le bident d’Eaton
Eaton’s Bur-marigold

Cette espèce est en péril au Québec, car son habitat est restreint et les plants sont écrasés par le passage de véhicules motorisés dans son habitat. Elle est donc rare. Quand monsieur Frédéric Coursol a identifié ma photo, ma fierté de photographe a atteint les plus hauts sommets. Après, la gentiane de Victorin, c’était mon deuxième trophée botanique annuel en 2014.

bident penche_Rock Giguère

Le bident d’Eaton poussent dans les zones intertidales d’eau saumâtre et d’eau douce du fleuve Saint-Laurent, comme le bident hyperboréal. Au Québec, il est présent sur les grèves intertidales, de L’Ilest-sur-Mer, dans le comté de L’Islet, jusqu’à Grondines, dans le comté de Portneuf.

Cet astéracée est une plante herbacée annuelle qui peut atteindre 20 à 60 cm (8 à 24 po) de hauteur. Elle fleurit en août et en septembre. Le bident d’Eaton produit des capitules très petit de fleurs jaunes aux rayons nuls. Ses feuilles sont opposées et dentées.

Le nom de l’espèce de ce bident honore probablement le botaniste étasunien Alva August Eaton né au New Hampshire (1865-1908) et qui a travaillé pour le Ames Botanical Laboratory à Eaton au Massachusetts.

Cette plante a été décrite en 1903 par le botaniste étasunien Merritt Lyndon Fernald (1873-1950), né à Orono au Maine. Il fut conservateur de l’herbier Gray d’Harvard de 1915 à 1936. En 1938, il a été nommé docteur honoris causa par l’Université de Montréal. Il a reçu plusieurs récompenses comme la médaille de la Société Marie-Victorin par l’Institut botanique de Montréal en 1949. Même une réserve écologique du Québec a été nommée à son nom. Il s’agit de la réserve écologique Fernald qui assure la protection d’une partie de l’imposant versant nord des monts Chic-Chocs. Fernald a exploré plusieurs territoires du Québec et a révélé leur richesse.

DES DOCUMENTS D’INTÉRÊT :

►PLANTE, Stéphane. Étude biosystématique du genre Bidens (Asteraceae) au Québec : espèces rares et taxons voisins. Université Laval, Faculté de foresterie et de géomatique, département des sciences du bois et de la forêt, mars 2001, 152 p.
Le document est accessible à l’adresse suivante : http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/s4/f2/dsk3/ftp05/NQ61237.pdf

►BROUILLET, L., BOUCHARD, D. et COURSOL, F. Les plantes menacées ou vulnérables et autres plantes rares de l’estuaire fluvial du Saint-Laurent entre Grondines et Saint-Jean-Port-Joli. Université de Montréal, Institut de recherches en biologie végétale, Herbier Marie-Victorin, janvier 2004, 86 p.
Le document est accessible à l’adresse suivante :

Cliquer pour accéder à pmv%20est_flu_final.pdf

Bidens frondosa L. 1753
Le bident feuillé, le bident feuillu, le bident à fruits noirs
Devils Beggarticks, Common Bur-Marigold

Cette plante herbacée de la famille des Astéracées est indigène au Canada et aux États-Unis. Elle s’est naturalisée en Europe où elle est considérée comme une plante envahissante. Le bident feuillé est très présent sur les grèves du fleuve Saint-Laurent et dans la plupart des lieux humides. Cette plante annuelle, au port bien dressé, est fortement ramifiée et peut mesurer de 60 à 100 cm (24 à 39 po) de hauteur. Ses tiges sont souvent pourpres. Ses feuilles opposées, aux marges dentées, sont composées de 3 à 5 folioles. Le bident feuillé fleurit d’août à septembre. Ses fleurs tubulées jaune orange, aux rayons absents, sont regroupées en capitule.

bident penche_Rock Giguère

Bidens frondosa L. 1753

Bidens hyperborea Greene 1901
Le bident hyperboréal
Estuary beggarticks

Le bident hyperboréal appartient à la famille des Astéracées. Le nom de l’espèce, hyperborea, évoque les Hyperboréens qui était un peuple, dans la mythologie grec, qui «vivait au-delà des souffles du froid du nord», personnifié par le dieu Borée.

Ce bident est présent en Amérique du Nord dans les eaux douces ou saumâtres des estuaires, de la Baie James jusqu’au nord du Massachussetts. Il occupe généralement la partie inférieure du littoral, donc un milieu très humide soumis aux marées quotidiennes. Il partage l’habitat du bident d’Eaton (Bidens eatonii), le long du Saint-Laurent, même s’il en est distant génétiquement. Les deux espèces sont donc sympatriques au Québec.

Ce bident charnue fleurit à la fin de l’été et au début de l’automne. Il donne alors des fleurs teintes de jaune, légèrement orangé. Les capitules du bident hyperboréal mesurent environ 2 cm (¾ po) de diamètre et sont généralement dressés. Ils sont souvent dotés de petits rayons jaune pâle alors que les capitules sont dépourvus de rayons chez le bident d’Eaton. Ses feuilles arborent quelques petites dents et sont plus ou moins pétiolées. Le plant peut atteindre entre 10 à 70 cm (4 à 28 po) de hauteur.

bident penche_Rock Giguère

Ici on voit que le plant est isolé. Dans la photo qui va suivre à la prochaine page, le plant de bident hyperboréal côtoie un bident d’Eaton. En plus, la morphologie du plant est différente la plante formant un coussin sur le sol.

On aperçoit une partie d’un plant de bident d’Eaton à gauche d’un plant de bident hyperboréal.

bident penche_Rock Goguère

Mentha canadensis L. 1753 (Syn. Mentha arvensis subsp. borealis (Michaux) Roy L. Taylor & MacBryde 1978)
La menthe du Canada
American Wild Mint, Canadian Mint

La dénomination botanique que j’ai attribuée à cette plante provient des banques de données de The Plant List et de GRIN. Le réseau Canadensys lui attribue le nom de Mentha arvensis subsp. borealis (Michaux) Roy L. Taylor & MacBryde 1978. Ce dernier sera contacté par monsieur Coursol pour réviser la situation. La menthe du Canada fait partie de la famille des Lamiacées. Cette plante herbacée vivace est originaire des régions tempérées et tropicales de l’Asie, ainsi que du Canada et des États-Unis. La menthe du Canada, que l’on retrouve entre autres sur les rivages du fleuve Saint-Laurent est la seule menthe indigène de l’Amérique du Nord. Elle fleurit de juillet à septembre. Cette menthe produit à l’aisselle des feuilles des sphères complètes ou partielles de fleurs bleuâtres, rosées ou légèrement violacées. Ses feuilles vert clair et dentées sont opposées et aromatiques avec un parfum de menthol. Ses tiges sont carrées. Le plant peut atteindre 10 à 45 cm (4 à 18 po) de hauteur. La menthe du Canada pousse au soleil ou à la mi-ombre, dans un sol humide.

Mentha canadensis-Rock Giguère

Laportea canadensis (L.) Wedd. 1854
La laportée du Canada, l’ortie du Canada
Canada Nettle, Wood-neetle

Cette plante de sous-bois humide fait partie de la famille des Urticacées. On retrouve aussi cette plante le long des cours d’eau. Elle est originaire de l’Amérique du Nord. Les feuilles et les tiges portent des poils urticants. La laportée du Canada arbore de grandes feuilles dentées et alternes qui peuvent mesurer 15 cm (6 po) de longueur et 10 cm (4 po) de largeur. Elle donne en été de minuscules fleurs. Les fleurs femelles sont verdâtres et les fleurs males sont de blanches à vertes. Son fruit est foncé et sec. Le plant peut atteindre de 30 à 150 cm (1 à 5 pi) de hauteur. Son port est érigé.

Laportea canadensis_Rock Giguère

Ici, la plante est en graine.

Equisetum fluviatile L. 1753
La prêle fluviatile, la prêle des cours d’eau, la prêle aquatique
Water Horsetail

Cette plante herbacée vivace fait partie de la famille des Équisétacées. On la trouve tout le long de la zone tempérée de l’hémisphère nord. Elle produit des tiges annelées vert foncé, qui peuvent mesurer entre 2 à 8 mm de diamètre. Ces tiges, finement striées, peuvent atteindre entre 30 à 90 cm (1 à 3 pi) de hauteur. Elles sont creuses à l’intérieur. La distance entre les entrenoeuds est d’environ 5 cm (2 po). La prêle des cours d’eau pousse le long des rives ou en eau peu profonde. Elle se reproduit principalement de façon végétative par ses rhizomes. Elle peut aussi se reproduire par des spores.

Equisetum fluviatile_Rock Giguère

Toxicodendron radicans (L.) Kuntze 1891(Syn. Rhus radicans L. 1753)
L’herbe à puce, le sumac grimpant, le sumac vénéneux
Poison Ivy

Cette plante invasive, surtout connue sous son nom vernaculaire d’herbe à puce, est commune au Canada et aux États-Unis, mais aussi en Russie, en Chine, au Japon, aux Bahamas, aux Bermudes et au Guatemala. Elle appartient à la famille des Anacardiacées.

Herbe a puce Herbe a puce

Ses feuilles sont composées de trois folioles pointues.

Le toxicodendron produit des fleurs blanches ou vertes qui sont suivies de petites baies jaune terne verdâtre.

Le nom du genre est issu en partie du mot grec toxicos, qui signifie poison recouvrant les flèches. Il rappelle donc que toutes les parties de l’herbe à puce renferme une résine toxique très puissante qui entraîne des démangeaisons et des éruptions cutanées, appelées dermatites, si on vient en contact avec cette substance. Plusieurs endroits situés près du fleuve Saint-Laurent, comme le Domaine Joly-De Lotbinière, sont au prise avec des colonies d’herbe à puce.

C’est un arbuste qui adopte plusieurs ports : rampant, dressé ou grimpant. C’est donc une plante très variable. La forme rampante, la plus commune, peut mesurer entre 10 à 80 cm (4 à 32 po) de hauteur. Ses feuilles sont composées de trois folioles pointues. L’herbe à puce produit des fleurs blanches ou vertes qui sont suivies de petites baies jaune terne verdâtre.

Vitis riparia Michx. 1803
La vigne des rivages, le raisin sauvage, la vigne sauvage
River Bank Grape, Frost Grape

La vigne des rivages est la seule vigne sauvage qui poussent au Québec. Elle est native du Canada et des États-Unis et fait partie de la famille des Vitacées. Cette plante grimpante vivace et vigoureuse se développe dans les sols frais, humides et même détrempés, comme sur la bordure du fleuve Saint-Laurent, des rivières et des lacs.

Vigne de rivage Vitis riparia Michx_2

Ses tiges à vrilles s’agrippent sur des supports tels des arbres, des arbustes, des falaises rocheuses et les clôtures le long des routes. Cette vigne produit des fleurs de couleur verdâtre en juin qui sont suivies par des petits fruits bleu noirâtre. Les feuilles sont généralement trilobées. Le plant peut atteindre 6 à 10 m (20 à 32 pi) de hauteur, parfois plus. Cette plante, rustique jusqu’en zone 2, peut être utilisée pour la revitalisation des berges.

Maianthemum stellatum (L.) Link 1821
Le maïanthème étoilé, la smilacine étoilée
Starry False Lily of the Valley, False Solomon’s seal

Maianthemum signifie «fleur de mai», évoquant ainsi le fait que la floraison des plantes de ce genre survient à la fin de mai ou au début de juin. Le maïanthème étoilé est indigène au Canada, aux États-Unis et au nord du Mexique. Il aime particulièrement les sites humides, légèrement ombragés. La plante arbore des feuilles étroites vert gris, généralement elliptiques. Le plant, au port délicatement arqué, peut mesurer entre 25 à 50 cm (10 à 20 po) de hauteur. Le maïanthème étoilé donne au printemps des petits fleurs parfumées, blanches à blanc crème, en forme d’étoile. Les fleurs sont regroupées en épi qui peuvent mesurer 2 à 10 cm (1 à 4 po) de longueur. Les fleurs sont suivies par des baies verdâtres rayées de noir. Ensuite, les fruits tournent au rouge et au noir. Cette plante est rustique dans les zones 3 à 7.

Dans une prochaine infolettre, au printemps prochain ou à l’été, je vous montrerai la magnifique floraison de cette plante. J’ai des photos des fleurs de cette plante, mais je veux vous présenter une floraison du Domaine, probablement au même endroit où j’ai pris les photos ci-dessous.

Les fleurs sont suivies par des baies verdâtres rayées de noir.

Ensuite, les fruits tournent au rouge et au noir.

Rock Giguère
2014-11-18

Un danger qui guette nos asclépiades tubéreuses – Infolettre 20141119

Bonjour à tous,

Je vous parle aujourd’hui d’un insecte qui a carrément bouffé les asclépiades tubéreuses au Jardin botanique Roger-Van den Hende à Québec cet été. C’est lorsque j’ai demandé à Jean-Denis de valider l’identification de Labidomera clivicollis cette semaine que j’ai appris cela. J’avais pris la photo de l’insecte sur le rivage du Domaine Joly-De Lotbinière le 29 août 2014.

Labidomera clivicollis (Kirby, 1837)
La chrysomèle de l’asclépiade

L’achrysomèle de l'asclépiadesclépiade tubéreuse attire le monarque, un très beau papillon qui n’endommage pas le plant, mais quand elle attire la chrysomèle de l’asclépiade, la plante court à sa perte.

Cet insecte très vorace qui s’alimente des feuilles et des fleurs de l’asclépiade commune est un herbivore redoutable pour l’asclépiade tubéreuse. Comme quoi il ne faut pas seulement se méfier des herbivores vertébrés comme les cerfs et les lièvres dans nos jardins …

 

 

 


Asclepias tuberosa (L’asclépiade tubéreuse)

 asclépiades tubéreuses

 

Il est plutôt rare de pouvoir admirer de belles inflorescences orange chez les plantes vivaces. Aussi lorsque nous voyons, pour la première fois, la brillance de la floraison de l’asclépiade tubéreuse, nous sommes immédiatement séduits. Les petites fleurs de cette plante charmante, à cinq pétales, sont portées en bouquets. Lente à sortir au printemps, l’asclépiade tubéreuse enthousiasme même les moins sensibles lors de sa floraison de mi-été. Les tiges fleuries se comportent très bien en fleurs coupées. L’asclépiade tubéreuse est très rare au Québec et on retrouve seulement que 2-3 populations le long de la rivière des Outaouais dans le secteur du lac des Chats.

L’asclépiade tubéreuse prospère bien en plein soleil dans un sol sablonneux et bien drainé, voir pauvre. Elle résiste donc bien à la sécheresse. Le plant peut atteindre 76 cm (2½ pi) de hauteur par 45 cm (1½ pi) de largeur. On peut obtenir facilement l’asclépiade tubéreuse par semis, mais il faudra attendre 2 à 3 ans pour que les plants produisent leur floraison. Surnommée en anglais Butterfly weed, l’asclépiade tubéreuse produit un nectar très recherché par les papillons.

Butterfly weed

La chrysomèle de l’asclépiade est un gros insecte que l’on aperçoit facilement. On peut donc facilement les voir quand elles s’alimentent des fibres d’une feuille comme nous le montre la photo ci-dessous. Leurs pièces buccales de type broyeur sont très efficaces.

chrysomèle de l'asclépiade

Lorsque la chrysomèle de l’asclépiade se nourrit sur une asclépiade, elle devient empoisonnée. Les oiseaux ne la consomment donc pas, car le latex produit par l’asclépiade est toxique pour la plupart des insectes et les oiseaux. Ses couleurs rouge orange et noir annonce ce danger aux oiseaux.

Pour éviter leur ravage il faut éliminer les oeufs, les larves et les adultes.

Rock Giguère
2014-11-19

Une lavande qui ne veut pas arrêter de fleurir – Infolettre 20141118

Bonjour à tous,

Mon ami Richard Côté, ancien président de l’Association des petits jardins du Québec, m’a téléphoné dimanche passé pour se plaindre que sa lavande à feuilles étroites ’Hidcote Blue’(Lavandula angustifolia ‘Hidcote Blue’) ne veut pas arrêter de fleurir. Je lui ai dit de m’envoyer la photo, ce qu’il a fait dimanche le 16 novembre. Vous voyez par vous-mêmes, qu’il a raison de se plaindre :

Une lavande
Lavandula angustifolia ’Hidcote Blue’
La lavande à feuilles étroites ’Hidcote Blue’

La lavande est cultivée pour la beauté de son feuillage et de sa floraison mais aussi et surtout pour le parfum de ses fleurs. La lavande à feuilles étroites, aussi appelée lavande vraie, est celle qui s’adapte le mieux aux conditions climatique du Québec. Les jardiniers des régions où la couche de neige est abondante et permanente peuvent cultiver presque sans peine le cultivar ’Hidcote Blue’ en zone 4, parfois même en zone 3. Ses fleurs violet foncé sont regroupées en épis et forme un magnifique contraste avec son feuillage gris bleuté. Les plants ont généralement une longévité entre quatre à cinq ans. Bien entendu, on peut cultiver les lavandes moins rustiques en contenant durant la belle saison.

Floraison : juillet à septembre
Hauteur : 60 cm (2 pi)
Largeur : 60 cm (2 pi)
Zone : 4

NOTE : il va falloir que je révise mes moments de floraison.

Rock Giguère
2014-11-17

Les soldats britanniques – Infolettre 20141115

Bonjour à tous,

Je vous parle aujourd’hui d’un lichen que nous rencontrons souvent en forêt et qui est très caractéristique, donc facilement reconnaissable.

Cladonia cristatella
La cladonie dressée, les soldats britanniques

On a donné le nom commun de soldat britannique au Cladonia cristatella, parce que sa coloration rougeâtre rappelle celle de l’uniforme portée par les soldats de l’armée britannique lors de la révolution étasunienne. Red Coat était une expression à évocation péjorative qui était largement utilisée au sein des colonies anglaises durant la révolution aux États-Unis.

Soldat britannique (Cladonia cristatella)_1

Cladonia cristatella est un lichen très commun et bien connu au nord-est des États-Unis et au Canada. Il a été décrit en 1858 par le botaniste étasunien Edward Tuckerman (1817-1886). La cladonie dressée est l’une des 14 000 espèces de lichens.

Les lichens sont des organismes qui entretiennent une association symbiotique algue/champignon. C’est l’algue qui apporte la nourriture au champignon. Ce dernier fournit la maison à l’algue. Apparemment, chaque organisme est capable de vivre séparément, mais les deux entités semblent préférer une relations symbiotique. Si le champignon était seul, la couleur rouge serait absente. L’algue est connue sous le nom scientifique de Trebouxia erici. C’est le champignon Cladonia cristatella qui donne le nom au lichen.

Soldat britannique (Cladonia cristatella)_2

Ce lichen est composé d’une tige vert pâle et d’un bout rouge en forme de massue ou de coupole. La cladonie dressée est de croissance très lente, soit environ 2 mm par année. Elle se développe surtout sur le sol, mais aussi sur du bois pourrissant ou sur des mousses. Cette plante pionnière est capable de survivre dans des habitats qui seraient fatals pour la plupart des plantes : dans le désert, dans la toundra arctique, sur des rochers complètement dénudés et dans des sols stériles.

Rock Giguère
2014-11-15

Des artichauts qui produisent … en une saison – Infolettre 20141112

Bonjour à tous,

Des artichauts en une saison à partir d’un semis. C’est confirmé au Québec en 2014 au Domaine Joly-De Lotbinière. Techniquement, l’artichaut doit être cultivé comme une plante bisannuelle. Exceptionnellement, certaines sélections donnent une bonne récolte dès leur première année si on leur donne des bonnes conditions de culture. Je vous présente deux de ces artichauts, dont j’ai suivi l’évolution lors du concours Tendances 2014.

Cynara scolymus ’Imperial Star’
L’artichaut ‘Imperial Star’

Des Artichauts en une seule saison

Cet artichaut a été développé par l’Université de la Floride pour être cultivé comme une plante annuelle. Les fruits de cette obtention, disponible depuis la fin des années 1990, viennent à maturité plus vite que chez les autres cultivars d’artichaut. Le plant se comporte aussi beaucoup mieux au froid que les autres plants d’artichauts.

Pour partir la plante par semis, il est préférable de la semer 10 semaines avant la date prévue pour la transplantation. Il est préférable que les graines subissent un passage au froid, en les plaçant au réfrigérateur pendant deux semaines sur un papier essuie-tout humide. La vernalisation est encore bénéfique pour cet artichaut, même si la plante peut produire des fruits durant sa première année de culture.. Les jeunes plants devraient aussi être endurcis en les exposant graduellement àu froid durant le mois de mai. Les plants ne doivent pas être exposés à la gelée mais plutôt au froid.

Ses grandes feuilles gris vert largement découpées sont très décoratives.

Des Artichauts en une seule saison_2
La maturité des fruits survient 90 jours après la transplantation. Ses fruits vert brillant peuvent mesurer 10 cm (4 po) de diamètre. Ils sont tendres et leur saveur est légèrement sucré. Le plant, ne porte pas d’épines et peut atteindre 80 à 120 cm ( 32 à 48 po) de hauteur et 1 à 1,2 m (3 à 4 pi) d’étalement. Il doit être cultivé au plein soleil. Cette plante est rustique jusqu’en zone 7. Elle se développe bien sous des étés fraiches.

Résumé : Un artichaut qui produit en une saison, une performance confirmé au Québec, et qui donne des fruits vert brillant, tendres et à la saveur sucré, qui peuvent mesurer 10 cm de diamètre.

Cynara scolymus ’Opera’
L’artichaut ‘Opera’

Cet artichaut a été hybridé pour donner une production en une saison à partir d’un semis. ‘Opera’ produit des têtes coniques violet rouge, bien fournies de pétales dodus. La maturité de cet artichaut est de 100 jours. Le plant, très robuste, peut atteindre 80 à 120 cm (32 à 48 po) de hauteur et 1 à 1,2 m (3 à 4 pi) d’étalement. Cette plante est rustique à partir de la zone 7. La sélection ‘Opera’ est similaire à ‘Concerto’, mais elle donne sa récolte d’une à deux semaines plus tôt.

Des Artichauts en une seule saison_3

Rock Giguère
2014-11-12

De la neige dans les Appalaches – Infolettre 20141107

Bonjour à tous,

Ce matin nous avons eu un réveil blanc dans mon patelin : notre premier manteau nival. Le climat de mon environnement appalachien beauceron, même si le mercure, marque 1° C nous donne de la neige depuis minuit environ hier soir. Mes 365 m (1 200 pi) d’altitude, joue sur la limite pluie/neige. Je sais que je suis une exception aujourd’hui et que vous ne m’enviez pas, mais le paysage est magnifique dehors … de la fenêtre du salon … et par le biais de la photo.

De la neige dans les Appalaches

La première mention relative au mot «Appalaches» pour désigner notre relief montagneux apparaît sur une carte de 1565. Le mot s’écrivait alors «Apalchen».

DES FRUITS SOUS LA NEIGE

Certains végétaux, après nous avoir charmés par une floraison printanière ou estivale, continuent leur rôle d’ornement en produisant des fruits décoratifs qui viennent colorer le paysage hivernal. Ces plantes paient donc un double tribut au jardinier.

Ce matin mon pommetier ‘Dreamweaver’ présentait un beau spectacle.

De la neige dans les Appalaches_2

Photo hivernale : 7 novembre 2014

De la neige dans les Appalaches_3

Photo printanière : 5 juin 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malus ‘Dreamweaver’

(Syn. Malus ‘DreamWeaver’)

 

 

 

Le pommetier interspécifique ’Dreamweaver’

’Dreamweaver’ est un pommetier pour les petits espaces, n’atteignant que 1,5 à 3 m (5 à 10 pi) de hauteur et 45 à 80 cm (18 à 32 po) de largeur. La forme colonnaire très étroite et dense de cet hybride interspécifique est très étonnante. Au milieu du printemps, il produit des fleurs roses, légèrement violacées, qui sont suivies par des petits fruits pourpres à la fin de l’été. Son feuillage émerge avec une belle couleur bordeaux qui se change progressivement en vert foncé luisant. L’endos de la feuille est teinte de bronze cuivré. Les feuilles tournent au jaune à l’automne. Ce cultivar est rustique jusqu’en zone 3.

Ilex verticillata Berry Poppins™ ‘FarrowBPop’

Le houx verticillé Berry Poppins™ ‘FarrowBPop’

De la neige dans les Appalaches_4

 

Viburnum sargentii ‘Onondaga’

La viorne de Sargent ‘Onondaga’

De la neige dans les Appalaches_5

 

LA NEIGE ET MOZART

Bien entendu pour pouvoir apprécier la magie de notre jardin … sous la neige, il faut laisser aller nos sens comme un mélomane averti le fait pour apprécier une symphonie de Mozart.

C’est ce que j’ai fait aujourd’hui.

Viburnum lantana ’Aureum’

La viorne cotonneuse dorée

De la neige dans les Appalaches_6

Photo prise le 5 juin 2014

Aujourd’hui, la neige a remplacé les fleurs. Le feuillage était aussi brillamment coloré.

De la neige dans les Appalaches_7

Ce mélèze semi-pleureur, aux branches bizarrement tortueuses, peut atteindre environ 2,5 m (8 pi) de hauteur et un étalement de 2 m (6 pi) en 10 ans. C’est un conifère semi-nain de croissance lente. Son feuillage caduc prend une belle couleur vert tendre au printemps. Cependant, c’est à l’automne que celui se distingue le plus en prenant de superbes couleurs flamboyantes comme le jaune et l’orange. Lorsque le cultivar ’Horstmann’s Recurva’ se débarrasse de ses aiguilles à l’automne, ses branches tortueuses commencent à jouer à la vedette, un rôle fort décoratif et intriguant qu’elles tiendront durant tout l’hiver. Ce conifère est rustique jusqu’en zone 3. Il peut être placé au soleil ou sous une ombre légère.

Larix decidua ’Horstmann’s Recurva’

Le mélèze d’Europe ’Horstmann’s Recurva’

De la neige dans les Appalaches_8

LES SILHOUETTES SCULPTURALES

Choisies d’abord pour leur valeur ornementale ou le désir d’un coin ombragé durant les chaleurs de l’été, les plantes ligneuses de nos jardins, surtout celles à feuilles caduques, nous offrent des scènes intéressantes en hiver. Les diverses scènes créées par leurs branches dénudées apportent alors une note spectaculaire à notre jardin.

Mon lilas commun se démarquait aujourd’hui.

De la neige dans les Appalaches_9

 

LA BEAUTÉ DES SURVIVANTS

Certains végétaux, comme les plantes à feuillage persistant, reprennent leur revanche en hiver sur le peu d’intérêt que nous leur portions durant l’été. En effet, c’est en hiver que nous admirons le plus ces plantes, car elles deviennent l’élément dominant du jardin en révélant leurs feuillages or, cuivre ou bleu argenté.

Thuja occidentalis ’Wareana Lutescens’ (Syn. Thuja occidentalis ’Lutescens’)

Le thuya occidental ’Wareana Lutescens’

De la neige dans les Appalaches_10

Rock Giguère
2014-11-07

L’Expo-FIHOQ 2014 – Infolettre 20141102

Bonjour à tous,

L’Expo- FIHOQ 2014, la trentième édition, est déjà un événement du passé. J’étais là la semaine passée à Place Bonaventure les 29, 30 et 31 octobre. J’y ai rencontré plusieurs d’entre vous à vos kiosques ou comme visiteur. J’ai bien aimé l’espace consacré au Design Végétal, principalement ceux occupés par les compagnies Vertuose Montréal et Planterra. J’ai aimé leurs réalisations pour «repousser les frontières de la créativité». Comme je le disais il y a deux semaines, lors d’une conférence au groupe de marchands de Passion Jardins lors du Salon commercial GROUPEX à Sherbrooke, «il faut susciter l’émotion» pour vendre nos produits. Un bel exemple pour vendre une plante du passé au futur : la langue de belle-mère (Sansevieria trifasciata).

L'Expo-FIHOQ 2014 - Infolettre 20141102

 

On avait donné le nom de Zone phytotecthnologies et design végétal (je n’ai jamais vu le rapport entre ces deux thèmes …) à ce secteur de l’Expo-FIHOQ. J’espère que l’an prochain on verra plus de ces concepts avant-gardistes comme des petits jardins de toit. Voici un autre concept qui m’a animé dans ce secteur :

L'Expo-FIHOQ 2014 - Infolettre 20141102_2

La Zone agriculture urbaine était aussi passablement intéressante. Les Urbainculteurs étaient toujours très animés … comme d’habitude.

Dans cette zone, j’ai bien aimé la présentation d’une compagnie québécoise, appelée Vegetal Urbania. Voici un exemple de leur «JardiKit». Cette compagnie livre les JardiSouples (leurs «smart pots»), la structure en cèdre et aluminium dans une boîte avec tout le nécessaire et les instructions de montage. Nicolas Ste-Marie et sa dynamique conjointe vont certainement nous «pondre» bientôt quelque chose du genre pour nos smart pots !!!

L'Expo-FIHOQ 2014 - Infolettre 20141102_3

J’ai aussi rencontré madame Suzanne Campeau, la présidente et la fondatrice de Bryophyta Technologies et j’ai bien entendu encore discuté avec elle de ses «tapis de mousses vivantes». Année après année, je comprends mieux ce monde fascinant suite à mes rencontres avec cette professionnelle qui a travaillé pendant 10 ans au Groupe de recherche en écologie des tourbières à l’Université Laval (Gret). Quelle belle aventure ! Comme elle le dit si bien, c’est une touche unique et intrigante à ajouter à notre jardin (moss garden). Appuyé maintenant par Sébastien Lemay et son équipe de la Pépinière François Lemay à Lanoraie, elle participe à la mise en marché de tapis de mousses, un produit bien québécois.

Bryophyta est le nom scientifique attitré au monde des mousses et des sphaignes, des plantes terrestres qui n’ont pas de racines proprement dites. Les bryophytes sont très proches des premières plantes qui ont colonisé la terre. J’aime particulièrement la mousse qui est commercialisée sous le nom de «lit de plumes».

Ptilium crista-castrensis (Hedw.) De Not. 1867
La plume en crête de casque, le panache militaire
Ostrich-plume Moss, Knight’s Plume Moss

Cette petite plante vivace, généralement rampante, présente un paysage qui paraît sortir directement de l’époque du Jurassique. Cette mousse dont la couleur varie du vert au jaune vert présente une forme triangulaire : on dirait une petite fougère. C’est pourquoi en anglais on lui donne le nom de plumes d’autruche. Dans son habitat, elle fait souvent partie d’une association de mousses, vivant sur l’humus, à la base des arbres, sur des bûches ou sur des rochers humifères. Cette mousse mesure 3 à 10 cm (1 à 4 po) de hauteur.

L'Expo-FIHOQ 2014 - Infolettre 20141102_4

Au Québec, cette mousse est présente sur la surface du sol de la forêt boréale et y forme des tapis. Le nom de l’espèce, crista-castrensis, est parfois traduit comme panache militaire. C’est que les ramifications latérales forment un épi frisé, un peu courbé au sommet, qui évoque les plumets qui garnissaient autrefois les chapeaux des militaires.

Voici une photo que j’avais prise en pleine nature de cette mousse le 26 juin 2011 à Baie-Comeau. Je viens de l’identifier après 3 ans, comme quoi il faut être parfois patient pour assurer le suivi de nos photos.

L'Expo-FIHOQ 2014 - Infolettre 20141102_5

Les conférences étaient très intéressantes. J’ai assisté à plusieurs de celles-ci … même à la mienne !!! Il aurait fallu se diviser en deux car parfois des sujets très intéressants étaient à l’affiche en même temps.

L'Expo-FIHOQ 2014 - Infolettre 20141102_7

UN HOMMAGE PARTICULIER

Je ne voudrais pas terminer cette infolettre sans souligner l’hommage qui a été rendu lors du Gala de reconnaissance annuelle 2014 au gourou de DECO-Style, un personnage qui s’est illustré depuis une quarantaine d’années au niveau de l’horticulture ornementale. Vous avez bien deviné … Il n’a pas gagné le Prix de la Relève !

Mon bon ami Normand a plutôt gagné le prestigieux Prix Croissance, la plus haute distinction décernée périodiquement par la FIHOQ à une personnalité qui s’est distinguée tant par ses réalisations et son leadership que par la durée et la diversité de son engagement au sein de la FIHOQ et de l’industrie de l’horticulture ornementale.

J’ai eu l’honneur de partager la table du récipiendaire et je peux vous dire que celui-ci était très fier de recevoir son prix. Il n’a pas trop pleuré … cette fois-ci.

Son discours de remerciements, qu’il transforma en véritable hymne à l’industrie, fut très apprécié par les nombreux invités qui s’étaient rendus assister à la rencontre au Marriot Château Champlain. La «gang» à Normand y était bien représenté.

L'Expo-FIHOQ 2014 - Infolettre 20141102_8

Rock Giguère
2014-11-02